Assoul

LA PRéSIDENTE DU PARTI DE L’UCP, ZOUBIDA ASSOUL, HIER, AU FORUM DU COURRIER D’ALGÉRIE : «Il ne faut pas transiger sur les demandes du mouvement populaire pacifique»

Pour la présidente du parti de L’Union pour le changement et le progrès (UCP), les Algériens, à travers l’ensemble des régions et wilayas du pays, «savent parfaitement ce dont ils ne veulent plus » et ils l’expriment pacifiquement, notamment, lors des trois derniers vendredi, et ils le rediront, sans aucun doute, vendredi prochain «pas de 5e mandat, pour le changement et un État de Droit». Poursuivant, l’invitée, hier, du Forum du Courrier d’Algérie, affirme qu’«il reste à ceux qui aspirent à jouer un rôle politique à se mettre au diapason des exigences de la population», précisant qu’«il ne s’agit pas seulement de rejeter le 5em mandat, mais d’imposer un changement de régime» a-t-elle souligné.

Indiquant que le 22 février a été le jour du sursaut populaire d’une grande exemplarité, en civisme et du niveau élevé de la conscience politique du citoyen lambda, refusant la nouvelle impudence du régime. Pour la présidente de l’UCP, ce sursaut est le fruit, des conséquences de l’exclusion de l’Algérien dans la gestion et la gouvernance du pays et des luttes menées par différents acteurs et militants, dans différents domaines pour faire entendre «une autre voie que celle du pouvoir et du régime en place». Faisant partie du peuple, comme le rappelait fièrement, hier, notre invité du Forum, l’ancienne magistrat, avocate et présidente de l’UCP, qui fait partie de l’élite de ce peuple, avec d’autres de la société civile et acteurs dans différents secteurs d’activité et champ d’action de la société, qui ont eu à exprimer leurs inquiétudes quant au devenir du pays, bien avant la date du 22 février, assure que ces derniers « travaille sereinement et avec détermination pour traduire les exigences du peuple, en feuille de route » pour le changement et l’avènement d’un État de droit. En réponse à ceux qui désespéraient de voir le citoyen algérien prendre son destin en main et à d’autres qui le considérait insoucieux et non intéressé par la vie politique, celle qui a été convaincue que viendra le jour où le peuple dira son mot, sur l’avenir de son pays, sans pouvoir savoir quand, dira que «c’est en définitive, le 5eme mandat qui a été le dernier affront du régime, qui a enclenché la réaction du peuple, en se lançant dans un mouvement populaire impressionnant et pacifique inédit dans l’histoire du pays». Invitant l’ensemble des forces vives du pays à être à la hauteur «de ce moment historique » que trace et vit le peuple algérien à travers le pays, «une opportunité inédite pour la construction d’un État de Droit» où le citoyen est au cœur du projet et un acteur central. Plus loin, mesurant le temps historique et les impératifs du temps politique, pour l’ancienne magistrate affirme qu’«il ne faut pas transiger» sur ce que les millions d’Algériens demandent, exigent et revendiquent, à travers l’ensemble du pays, «le non au 5eme mandat, en faveur du changement et d’un État de droit». Aussi à ceux qui persistent à avancer que le peuple refuse de voir l’acteur politique être partie prenante dans les manifestations populaires pacifiques, elle les invite, à dépasser ces lectures, en assurant que «les citoyens ne sont pas dupes et ils savent reconnaître les leurs» dont ceux qui n’ont pas cessé, les années passées, d’alerter sur « la dangérosité du système en place sur l’avenir du pays et son peuple» et chacun dans son domaine. Rappelant, par ailleurs, que «le pouvoir en place a tout fait pour casser l’élan de la pratique politique dans notre pays et empêcher toute compétition politique saine », résultat, dira-elle : «les citoyens se sont complètement détournés de l’engagement partisan, alors même que les Algériens, dans leur grande majorité, s’intéressent à la politique », et cet intérêt a conduit aux manifestations populaires pacifiques, des journées des 22 et 24 février, ainsi que les 1er et 8 mars. Pour la présidente de l’UCP et membre du mouvement el-Mouwatana,  «la manifestation massive du 22 février dernier nous a donné raison » et d’affirmer que « l’appel citoyen est audible et rassembleur » a-t-elle souligné, avant de réaffirmer qu’«il ne s’agit pas seulement de rejeter le cinquième mandat, mais d’imposer un changement de régime».  Mme Assoul, qui a eu à déplorer à maintes reprises déjà le 4e mandat, qu’elle qualifie «d’un mandat à blanc, pour avoir bloqué le pays» n’a pas manqué, hier, à demander à l’Institution militaire, qui a eu, a-t-elle rappelé «à cautionner ce dernier mandat, d’assainir ce qu’elle a fait et d’assumer ses responsabilités». Pour l’ancienne magistrate, puis avocate, «aller vers un 5e mandat constitue un suicide collectif du peuple et une menace pour la stabilité du pays» a fustigé hier, Mme Zoubida Assoul. Insistant que la mobilisation populaire à travers le pays, depuis le 22 février dernier, apporte les possibilités et les perspectives de voir l’Algérie et son peuple «renouer avec les grands exploits» comme jadis. Pour la présidente du Parti l’UCP, le peuple algérien «a su puiser de son vécu et son histoire pour faire entendre sa voix» et de déclarer «à nous d’être à la hauteur de ses appels et des leçons de civisme qu’il donne, depuis le 22 février dernier» lance-t-elle.
Karima Bennour