L’Algérie a abrité, hier, les travaux de la 5e réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP), réunissant les ministres en charge du secteur des hydrocarbures de l’Algérie, du Nigeria et du Niger. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la coordination et de la concertation autour de ce projet stratégique à l’échelle continentale.
Ont pris part à cette réunion le ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, le ministre d’État nigérian chargé du Gaz et des Ressources pétrolières, Ekperikpe Ekpo, ainsi que le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini. Étaient également présents le PDG du groupe Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, des responsables de la société nigériane NNPC et de la société nigérienne Sonidep, ainsi que des experts et membres des équipes techniques des trois pays. Les participants ont examiné l’état d’avancement du projet, notamment à travers la présentation des résultats de l’étude de faisabilité réalisée par le bureau d’études Penspen, ainsi que l’évaluation du niveau d’exécution de la feuille de route adoptée lors des précédentes réunions tenues à Niamey, Abuja et Alger.
La rencontre a également permis de revenir sur les conclusions de la 4e réunion ministérielle du Comité de pilotage, tenue en février dernier à Alger, et sanctionnée par la signature d’un mémorandum d’entente réaffirmant l’engagement des trois pays à poursuivre leur coordination et leur travail conjoint pour concrétiser ce projet structurant.
Considéré comme l’un des plus importants projets énergétiques du continent africain, le TSGP prévoit la réalisation d’un gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, afin d’acheminer le gaz naturel vers les marchés européens et internationaux. Inscrit dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), ce projet devrait contribuer au renforcement de la sécurité énergétique, au développement économique et à l’intégration régionale du continent africain.
« Un projet très prometteur pour l’Afrique »
Intervenant sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne dans l’émission « L’Invité du jour », l’expert international en énergie Chouaïb Boutemine, a souligné que « le TSGP est un projet très prometteur pour l’Afrique que l’on attend depuis longtemps et qui bénéficie aujourd’hui d’une véritable volonté politique pour sa réalisation ».
Selon lui, « le projet est désormais entré dans une phase décisive, marquée par des études techniques approfondies et des concertations sur les aspects financiers et d’investissement ». Long de 4 130 kilomètres, le gazoduc devrait permettre l’acheminement de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Nigeria, via le Niger, vers l’Algérie, avant son exportation vers les marchés européens grâce aux infrastructures existantes. L’expert estime que « l’avancement global du projet est déjà significatif, les principaux travaux restant à réaliser étant concentrés sur le territoire nigérien ».
« Faire avancer les études techniques »
Pour Chouaïb Boutemine, « cette réunion ministérielle vise avant tout à lever les derniers obstacles techniques et financiers afin d’accélérer la mise en œuvre du projet ». Expliquant que, « l’objectif principal est de faire avancer les études techniques, notamment au Niger, et de mobiliser les investissements nécessaires pour concrétiser le projet sur le terrain ».
L’expert a également mis en avant « l’importance stratégique du TSGP pour le Nigeria, qui cherche à diversifier ses voies d’exportation de gaz naturel ». Le transport, par gazoduc, représente, selon lui, « une solution plus compétitive que le gaz naturel liquéfié (GNL), dont les coûts de production et d’acheminement demeurent élevés ».
« Un corridor stratégique reliant l’Afrique aux marchés européens »
Au-delà de sa dimension énergétique, Chouaïb Boutemine considère le TSGP comme « un projet structurant pour le continent africain ». « Ce n’est pas seulement un gazoduc qui transportera des molécules de gaz, mais un projet qui renforcera les liens économiques entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria », a-t-il affirmé.
Il a enfin estimé que « cette infrastructure constituera un levier majeur pour l’intégration énergétique africaine et renforcera le rôle de l’Algérie comme corridor stratégique reliant l’Afrique aux marchés européens », a-t-il conclu.
L. Zeggane













































