Covid-19

DR. ABDELBASSET MAOUT AVERTIT : « Tout le monde est exposé, y compris les vaccinés »

Selon le docteur Abdelbasset Maout, spécialiste en biologie clinique et virologie, responsable d’un laboratoire d’analyses médicales, l’Algérie fait face à une nouvelle vague, et non pas à une troisième vague du virus, et que tout le monde est exposé à l’infection, y compris ceux qui ont déjà été infectés, et vaccinés contre le nouveau covid.

En effet, intervenant hier sur les ondes de la radio régionale de Sétif, Dr Maout a expliqué les raisons de cette hausse enregistrée depuis le début de cette semaine : selon lui, elle est liée à la propagation des souches britannique et indienne (Alpha et Delta), appelant tout le monde à se faire vacciner, car il n’y a pas d’autre solutions en ce moment, malgré que cette dernière ne prévient pas l’infection mais plus au moins « réduit les complications et l’hospitalisation », affirmant au passage, que tous les vaccins anti-covid sont efficaces. Également l’hôte de la radio a fait savoir qu’une personne ne peut pas être infectée deux fois par la même souche, et que le grand changement qui s’est produit dans les variants britanniques et indiens a perturbé l’immunité acquise développée au cours de la première infection, et donc « l’infection par l’ancienne souche ne protège pas contre l’infection par une nouvelle souche ». Le Dr Maout a aussi parlé de l’immunité collective, où il a souligné que son acquisition (pour casser la chaîne de transmission) se limite uniquement à l’infection par la souche du même type, et cette immunité est acquise par l’infection ou la vaccination de 70 % de la population. Par ailleurs, le même médecin a abordé les séquelles du covid, précisant que le coronavirus peut laisser au patient après son rétablissement plusieurs maladies; à savoir : « la thyroïde, les reins, le foie et le diabète ». C’est pour cela que le Dr Maout conseille d’établir des examens médicaux et des consultations après la guérison.

Les chiffres hallucinants du Pr Djidjik : 30 000 cas/jour ?
Le professeur Réda Djidjik, chef de service d’immunologie au CHU de Beni Messous a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation épidémiologique actuelle, et la propagation rapide du virus, précisant que les chiffres communiqués par le ministère de la Santé ne reflètent guère la réalité, recommandant dans ce cadre, un confinement strict pour éviter le pire scénario de la propagation à laquelle l’Algérie ne pourra pas faire face avec son système de santé, et même ailleurs dans le monde ne pourrons faire face. En effet, dans une vidéo, publiée sur Facebook, le professeur Djidjik a indiqué que le nombre de contaminations annoncé par le comité de Benbouzid reflètent la PCR faite dans les laboratoires et les hôpitaux uniquement, alors que cette situation n’est pas la réalité « vu le pic enregistré et l’état des établissements hospitaliers, il faut multiplier les chiffres officiels par 30 pour avoir l’idée réelle du nombre de cas contaminés quotidiennement » pense-t-il. Cependant, il dira que l’Algérie compte « 30 000 cas /jr, ce qui explique la saturation des hôpitaux » , parce que, poursuivit-il, « dans les 30 000 nouveaux cas 1 à 3% nécessite une hospitalisation, réanimation et prise d’oxygène ». Selon lui, l’urgence c’est d’arrêter toutes les activités, tous les rassemblements, et passer à un confinement strict, « pour casser la chaîne de transmission, et pouvoir stabiliser le pic et laisser les hôpitaux et les médecins travailler sereinement », précisant que n’importe quel système de santé dans le monde ne peut faire face à une vague telle que nous sommes en train de subir ». Quant à la vaccination il dira que cette dernière ne servira à rien en ce moment, et qu’elle ne protègera pas de cette vague et cela en dépit des citoyens qui se ruent vers la vaccination. « C’est trop tard. Il fallait anticiper bien avant, la vaccination devient efficace un mois après l’injection de la 2ème dose, car il faut du temps pour développer des anticorps » explique-t-il c’est pour cela qu’il insiste sur le confinement strict.

Nouvelle stratégie pour la gestion de la crise sanitaire
De son côté, le chef de service de cardiologie au CHU de Hussein Dey, le Pr Djamel-Eddine Nibouche a évoqué, hier, lors de son passage sur les ondes de la chaine 3, la situation sanitaire actuelle qu’il qualifie de «  dramatique », appelant à la nécessité d’adopter une nouvelle stratégie de gestion de la crise sanitaire. « Lorsqu’on analyse la maladie, on voit qu’elle est périodique, avec des phases d’accalmie où il y a un fond de contaminations et puis, d’un seul coup, la contamination devient importante », relève le Pr Nibouche qui recommande de s’y préparer. « Il faut toujours se préparer à ces nouvelles phases de hausse des contaminations». Pour lui, les hôpitaux sont inadaptés à la prise en charge du Coronavirus et de ses variants. « Nos structures actuelles, surtout dans les grandes villes, ne sont pas adaptées pour une prise en charge adéquate du Covid et d’un nombre aussi important de patients qui présentent des problèmes respiratoires». Selon lui, la solution passe par la réalisation de nouvelles structures dédiées au Covid-19. «Il faut créer des structures légères spécifiques, adaptées à la prise en charge réelle de la maladie. Ces structures peuvent être montées en une quinzaine de jours, clés en main, avec un générateur d’oxygène autonome, elles existent en Chine, aux États-Unis et en Europe».

Aller en urgence à l’application des lois
Les rassemblements des citoyens et le non-respect des mesures barrières, notamment la distanciation physique et le port des masques, constituent les facteurs de la propagation les plus cités par les spécialistes, du coup dans les rues, jardins, lieux publics, marchés, magasins, comme dans les transports on observe toujours ce laisser-aller chez les jeunes et chez les plus âgés, cependant l’application de la loi devient plus qu’obligatoire contre ces personnes qui cherchent le gain avant la sécurité de tous. D’ailleurs, malgré les appels des spécialistes, les gens continuent de célébrer des mariages et d’autres fêtes comme la réussite au Bac ou l’obtention des diplômes universitaires, des comportements irresponsables qui mettent leurs vies et la vie des autres en danger.
Sarah Oubraham