Quatre films en hommage à des personnalités du septième art récemment disparues

Cinémathèque d’Alger : Quatre films en hommage à des personnalités du septième art récemment disparues

La Cinémathèque d’Alger rouvre ses portes au public avec les longs métrages, « La voisine » de Ghaouti Bendeddouche, « Si Mohand U M’Hand, l’insoumis » de Lyazid Khodja et Rachid Benallal, « Histoire d’une rencontre » de Brahim Tsaki et le documentaire, « Les mains libres » d’Ennio Lorenzini, en hommage à des personnalités du septième art récemment disparues.

La décision de rouvrir les salles de spectacles et autres lieux accueillant le public, prise dernièrement en haut lieu, avec l’impératif catégorique de s’en tenir au strict respect des mesures barrières de prévention sanitaire, permettra un « retour progressif à la vie normale ». Donnant suite à cette décision, la Cinémathèque d’Alger a choisi de rappeler et d’évoquer, à travers une programmation qui sera diffusée en boucle jusqu’à la fin septembre, la grandeur et le talent de, Said Hilmi (1939-2021), Lyazid Khodja (1945-2021), Brahim Tsaki (1946-2021) et le révolutionnaire et producteur Yacef Saadi (1928-2021). Long métrage d’une durée de 100 mn, « La voisine » (2002) réalisé par Ghaouti Bendeddouche, avec Linda Yasmine, Aida Ghechoud et le regretté Hamid Remas (1949-2016), raconte une histoire qui se passe essentiellement entre des femmes au foyer pour la plupart, vivant à l’intérieur d’une grande maison typique de la Casbah d’Alger, où le mode de vie est régi par des lois sévères et conservatrices, jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle voisine qui va sérieusement perturber l’ordre établi. D’une durée d’1h 40 mn, le film « Si Mohand U M’Hand l’insoumis » de Lyazid Khodja et Rachid Benallal, rendu à l’écran par Dahmane Aidrous, Fodhil Hamla, Hadjira Oulbachir et le grand Taha El Amiri, relate l’histoire de Si Mohand U M’Hand, poète érudit qui avait juré de ne jamais se soumettre aux despotes colonialistes, venus envahir sa terre natale. Si Mohand U M’hand a participé pleinement à la vie de son peuple, à un moment critique de son histoire, où les événements tragiques se sont enchaînés, provoquant en lui de grandes frustrations qui le pousseront à passer sa vie à parcourir les villes et les routes d’Algérie et quelques fois de Tunisie, vivant au jour le jour et au fil des circonstances. Contraint à l’errance, il prend conscience du caractère singulier de son destin et décide alors de l’assumer, et s’étourdir pleinement, s’adonnant, avec frénésie, à tous les plaisirs défendus : les filles, le vin, l’absinthe, le haschich, la cocaïne. Vivant d’expédients, il hante les cafés maures et les bistrots, ainsi que tous les lieux ou l’on ne vit que pour prendre du bon temps. « Hikayatou liqa » ou « Histoire d’une rencontre », long métrage de 80 mn, écrit par Yasmina Kessar et réalisé par Brahim Tsaki qui a confié la composition de la bande son au grand maestro Safy Boutella, raconte l’histoire de deux sourds-muets que tout sépare, et qui pourtant, font connaissance prés d’une base d’exploitation pétrolière située quelque part dans le tiers-monde. Elle, américaine qui suit son père dans ses pérégrinations partout ou de nouveaux gisements sont découverts, et lui, un garçon du pays vivant avec ses deux sœurs dans une ferme délabrée que son père a délaissé au profit d’un élevage artisanal de poulets. Entre eux s’établit une sympathie que toutes sortes de conditions et prédispositions vont affermir et développer en marge de la misère environnante profonde qui prend les aspects d’une illusoire prospérité et d’un échange culturel douteux (élétro-ménagers sophistiqué contre-robes et bijoux traditionnels)
Dans son désordre et ses contradictions, ce monde dur et artificiel coupe l’équilibre d’une rencontre brève, stoppée par le départ du père vers de nouveaux chantiers, de nouvelles torchères. Considéré comme inédit, le documentaire « Les Mains libres », produit en 1965 par « Casbah film », la société de production fondée en 1964 par Yacef Saadi constitue l’événement de ce cycle de projections-hommage. Projeté une seule fois le 14 août 1965 à la salle du cinéma « Afrique » avant sa disparition, ce film historique a depuis, été retrouvé, restauré puis numérisé par la Cinémathèque d’Alger, avant de l’inscrire dans le programme de cette rentrée cinématographique et montré au grand public.