Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a quitté Alger vendredi après une visite officielle de trois jours, saluant « l’accueil chaleureux et l’hospitalité » de l’Algérie.
Il a invité le président, Abdelmadjid Tebboune, à effectuer une visite officielle au Tchad. Invitation que le chef de l’État « a acceptée » et dont la date sera fixée par voie diplomatique, a fait savoir un communiqué conjoint sanctionnant la visite. Cette séquence diplomatique, marquée par la signature de 28 accords et mémorandums d’entente lors de la 4e Commission mixte, ouvre la voie à un nouvel élan dans les relations bilatérales. Les deux présidents ont affiché leur « entière satisfaction » quant à la qualité des liens algéro-tchadiens et leur volonté d’insuffler une dynamique à la hauteur des relations de fraternité et de solidarité qui unissent les deux pays depuis 1975. Ils ont indiqué que ce partenariat « repose sur des bases solides et durables », notamment, cite-t-on, « la proximité géographique, les liens historiques et humains, ainsi que la convergence de vues sur les principaux enjeux du continent africain ». Les présidents des deux pays se sont félicités « de la dynamique positive enregistrée depuis la visite effectuée par le président tchadien en Algérie en septembre 2025 », et sont convenus d’appuyer cet élan à travers « le renforcement du cadre institutionnel, des mécanismes de suivi et de l’évaluation des activités conjointes ».
Renforcer la coordination entre les institutions compétentes en matière de sécurité
Concernant la coopération sécuritaire et la stabilité, les deux présidents ont échangé les points de vue sur les questions sécuritaires d’intérêt commun, en mettant particulièrement l’accent sur les défis auxquels sont confrontés leurs espaces régionaux respectifs. Ils ont réaffirmé « leur attachement à la promotion de la paix, de la stabilité et du développement durable, ainsi que leur détermination à consolider leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent, et les différentes formes de la criminalité transfrontalière ». Dans ce contexte, les deux présidents ont insisté sur l’importance de renforcer la coordination entre leurs institutions compétentes, notamment dans les domaines de la sécurisation des frontières, de l’échange d’informations et du renforcement des capacités. Ils ont réitéré leur attachement aux principes de souveraineté des Etats, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. Par ailleurs, les deux présidents ont exprimé leur solidarité face aux défis humanitaires auxquels sont confrontés certains pays de la région, saluant les efforts déployés par le Tchad pour la prise en charge des populations affectées par les crises.
L’activation du Conseil d’affaires algéro-tchadien saluée
S’agissant du partenariat économique, énergétique et industriel, les deux présidents se sont félicités des progrès réalisés dans le domaine de la coopération économique, soulignant la nécessité de traduire les engagements en projets concrets à fort impact. Ils sont convenus de renforcer le partenariat bilatéral, notamment dans les secteurs de l’énergie, des mines, des énergies renouvelables et des transports, en mettant l’accent sur le transfert d’expertises, le développement des compétences et la valorisation des ressources naturelles. Ils ont prôné l’établissement de partenariats structurants entre les entreprises des deux pays, notamment dans les domaines de l’énergie, des matériaux de construction et des infrastructures. Les deux parties se sont félicitées de l’activation du Conseil d’affaires algéro-tchadien, visant à promouvoir les échanges commerciaux, à faciliter les investissements et à encourager les contacts directs entre les opérateurs économiques. Elles ont aussi salué l’initiative d’organiser un forum économique en tant qu’outil de promotion des échanges et de diversification de l’économie.
Dans le domaine des infrastructures, les deux présidents ont salué les progrès réalisés dans le transport aérien, notamment à travers l’ouverture de la ligne Alger-N’Djamena, et encouragé l’exploration de nouvelles opportunités visant à renforcer la communication entre les deux pays. Ils ont réaffirmé l’importance des projets d’infrastructures structurants, notamment les axes de la Route Transsaharienne, en tant que levier essentiel de désenclavement, de développement économique et d’intégration régionale. Ils ont également relevé l’importance du développement des infrastructures numériques, y compris les réseaux de fibre optique, pour soutenir la transformation digitale et l’économie de la connaissance. S’agissant de la coopération dans les domaines de la formation, de la santé et de la culture, les deux présidents ont réitéré leur engagement à renforcer la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de la formation professionnelle et du développement des ressources humaines. Ils ont également salué les efforts consentis en matière de formation et exprimé leur souhait d’élargir ces programmes à de nouveaux domaines prioritaires. Ils sont, en outre, convenus de renforcer la coopération dans le secteur de la santé, notamment à travers la formation spécialisée et l’échange d’expertises. Dans les domaines culturel et médiatique, les deux présidents ont encouragé les initiatives visant à rapprocher les deux peuples et à promouvoir leur patrimoine respectif.
Les approches basées sur le dialogue et le respect du droit international privilégiées
Evoquant les questions d’intérêt commun, les deux présidents ont échangé leurs points de vue sur certaines questions régionales et internationales, tout en privilégiant les approches basées sur le dialogue et le respect du droit international.
Ils ont réaffirmé leur attachement aux principes de la Charte des Nati souligné l’importance de l’action multilatérale pour faire face aux défis actuels, réitérant leur soutien mutuel aux candidatures de leurs pays au sein des organisations régionales et internationales.
Par ailleurs, les deux présidents se sont félicités des résultats de cette visite officielle, étant un pas important dans le renforcement du partenariat bilatéral. Ils sont également convenus de mener des consultations régulières au plus haut niveau et de mettre en place des mécanismes de suivi pour assurer la mise en œuvre des engagements pris.
Ania N.











































