Séparer l’argent de la politique

Assurément, l’Algérie s’apprête à vivre une étape charnière et décisive de son histoire à travers la révision de sa Constitution. Symbolique, la date de ce référendum permettra aux Algériens de renouer avec ces valeurs ancestrales qui, jadis, faisaient leur fierté.
Le passage du Premier ministre devant la commission de l’APN en charge des affaires juridiques, concernant le projet de révision de la Constitution permet de saisir l’importance historique de cette étape charnière pour l’avenir immédiat du pays. Le texte en question, qui se veut le plus consensuel possible, répondra en premier lieu aux revendications exprimées dans la rue par un « hirak » qui a ébahi l’humanité entière, et prouvé à tous que le peuple algérien est résolu, et bien résolu à reprendre son destin en main. D’où la promesse-phare exprimée par le président Tebboune de procéder à une révision constitutionnelle dans le but manifeste de remettre l’Algérie sur rails. Séparer entre l’argent et la politique, pour un pays comme le nôtre, qui découvre, ébahi, des scandales retentissants, où même la voix, et la souveraineté du peuple, se monnayait à coups de milliards de centimes, faire cela, et un programme en soi. C’est également se porter présent à son rendez-vous avec l’histoire. Le président Tebboune, qui jouit désormais de la confiance des masses populaires, et qui a décidé de ne s’appuyer que sur la société civile, sait mieux que personne qu’en rompant cette relation viciée qui s’est cristallisée entre l’argent et la politique, il réussira avant tout à redonner la parole au peuple, mais aussi à faire en sorte que tous les –futurs- élus deviennent comptables de leurs actes devant leurs électeurs. L’idée de devoir rendre des comptes un jour peut, à elle seule, couper les ailes de tous ces responsables bien à l’abri dans leurs tours d’ivoire. Tous les citoyens sont désormais justiciables, mais aussi et surtout, parfaitement égaux devant la justice. À la faveur de cette approche, et des choix stratégiques du Président, dont on saisit la portée chaque jour un peu plus, l’on sait mieux les raisons qui poussent la mafia, les tenants de l’argent sale, à contre-attaquer
Avec une rare violence, histoire de gêner le chef de l’État dans ses actions, et de ralentir ce qui est devenu carrément inexorable : l’avènement de cette Algérie nouvelle dont le « hirak » a précipité la naissance. L’idée de mettre en place une meilleure séparation entre les pouvoirs sera, elle aussi, le meilleur garant contre les éventuels dérapages. Des bilans d’étapes, et des évaluations périodiques, s’imposeront de facto. Ceux qui n’arriveront pas à suivre, et à honorer leurs cahiers des charges, devront impérativement céder la place. L’erreur n’est plus permise désormais. Si la seule notion du travail, et du travail bien fait, va primer désormais, l’accès aux hauts postes de responsabilité sera méritoire. Seules les compétences seront convoquées. L’énorme retard à rattraper nous commande, certes, d’aller vite. Il nous interdit toutefois de nous tromper de route. Cette nouvelle Constitution nous en défriche les premiers sentiers…
Mohamed Abdoun