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LA PROPOSITION EST RAYÉE DE LA MOUTURE FINALE DU PROJET DE CONSTITUTION POUR RÉPONDRE À L’AVIS DE LA MAJORITÉ : Pas de poste de vice-président

L’une des propositions controversées contenue dans le projet de révision de la Constitution tombe dans la mouture finale du texte, lequel a atterri, depuis hier, au niveau du Parlement national pour approbation, avant donc son passage au référendum populaire le 1er novembre prochain.

C’est dire le souci premier des rédacteurs du texte amenés, sous la férule du chef de l’État, à rayer la disposition pour répondre d’une nouvelle Constitution consensuelle selon la volonté de la majorité.
Il s’agit, en effet, comme tout le monde l’aurait constaté tant le sujet a fait débat plein et a provoqué une levée de boucliers parmi la classe politique, la société civile et l’opinion publique en général, de la disposition de création d’un poste de vice-président dans la Constitution. Celle-ci, en effet, suggère la possibilité pour le président de la République de désigner, à sa guise et de la manière dont il veut et juge nécessaire le prétexte, un vice-président pour assumer la charge présidentielle.
Ce n’est pas tant le fond de l’article en question qui dérange, pas autant que l’était en tout cas la proposition dans sa forme. Si la raison derrière la possibilité de se faire appuyer d’un « colistier »- comme c’est le cas pour le modèle électoral américain - s’explique par l’expérience éprouvante de la présidence de Bouteflika, qui s’était maintenu plus de 6 ans durant sur le trône bon gré mal gré, nommer à sa guise, au dépens de la volonté populaire, un vice-président pour assumer une charge électorale aussi solennelle que la Magistrature suprême, soulève un problème majeur de légitimité pour le « colistier.» Un tel procédé consistant à attribuer une mission présidentielle à une personne désignée selon son bon vouloir aurait même battu en brèche l’argumentaire d’une Constitution définie comme étant le socle de la nouvelle Algérie.
Ainsi, le Comité d’experts dirigé par Ahmed Laraba, ayant pris acte du rejet massif du poste de vice-président dans la mouture initiale rendue publique mars dernier, a supprimé la disposition pour répondre à la volonté de la majorité. Bien que le débat autour du projet de Constitution ait drainé beaucoup de propositions d’amendement- plus de 5 000-, le comité de rédaction du texte a pris le soin d’incorporer les propositions qui reviennent le plus et d’en rejeter celles qui reçoivent la désapprobation.
Farid Guellil