Berkani Bekkat

REGARD DE BEKKAT BERKANI SUR LE CONFINEMENT TOTAL : « Il dépend de l’évolution de la situation dans notre pays »

La nécessité d’aller vers un confinement total obligatoire pour endiguer la propagation de la pandémie du coronavirus est sur toutes les lèvres. Du simple citoyen aux scientifiques. Avancé, pour l’heure, comme seul rempart contre la « conquête » du virus corona et l’exemple de la Chine est édifiant dans ce sens, car sans nul conteste, c’est grâce à des mesures de confinement drastiques que le pays le plus peuplé de la planète a pu stopper l’invasion du virus mortel. Mais qu’en est-il réellement de l’Algérie ? Un pays qui enregistre, chaque jour que Dieu fait, de nouveaux cas de contaminés. Jusqu’à hier, à 17H, le bilan passe à 716 cas confirmés et 44 personnes décédées. Pour avoir plus d’éclaircissement sur l’évolution de la situation épidémique dans le pays, et surtout avoir une idée sur les mesures en perspectives pour combattre « efficacement » cet invité « indésirable » , nous avons contacté M.Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie. « Le comité n’a pas encore remis son rapport car la commission n’ a pas encore fini les travaux qui sont toujours en cours », a révélé M. Bekkat, également président du Conseil national de l’Ordre des médecins, tout en précisant que « le confinement total obligatoire est l’une des options contenues dans le rapport en voie d’élaboration », car, a-t-il encore dit, « Nous attendons de comptabiliser le nombre de cas journaliers enregistrés dans les wilaya affectées et qui sont sous le confinement partiel et total comme Blida, donc s’il y a une baisse, cela veut dire, que nous sommes dans le bon sens ». « Pour le moment, tout le monde, y compris les autorités du pays, recommandent à la population un confinement volontaire notamment dans les wilayas où on a recensé des cas avérés, en plus le couvre-feu de 19h00 à 7 du matin pour certaines wilayas qui avaient enregistrées un nombre important de contaminés », a- t-il encore expliqué. Concernant le confinement total et obligatoire à travers tout le territoire national, M. Bekkat, a affirmé qu’ «avant de passer à un confinement total, il y a un certain nombre de mécanismes à mettre en œuvre pour assurer une vie normale aux personnes confinées; en particulier l’ approvisionnement, et par ricochet, les autorités sont à présent dans la réflexion et dans l’attente des résultats du confinement partiel « nocturne » à partir de 19h00, décrétés pour 10 wilayas, et total pour Blida, et c’est en fonction des résultats émanant des régions confinées partiellement ou totalement que les prochaines mesures seront prises ». « Pour passer à un confinement total dans tout le pays, il y a certaines procédures à examiner et mécanismes à prendre en compte qu’on peut résumer, a-t-il enchaîné, entre le comment, c’est-à-dire, l’aspect pratique de la chose, et à partir de quand, il faut engager le confinement total obligatoire, et le tout est lié à la proportion que prendra l’évolution de l’épidémie dans notre pays, car le confinement c’est toute une organisation à mettre sur pied. Sur une question de savoir si le Comité, dont il est membre, a suggéré dans son rapport, la nécessité de décider le confinement total, notre interlocuteur, a révélé que c’est l’une des mesures en vue, mais cette question est étroitement liée à l’évolution de la situation dans le pays et la commission scientifique n’a pas encore achevé ses travaux. C’est d’autant plus une nécessité car la population s’est déjà mise en auto-confinement. À souligner en effet que dans plusieurs régions du pays, les populations locales n’ont pas attendu les directives des pouvoirs publics pour se confiner, et se sont organisées en comités de quartiers, comités de villages et autres associations. Ils assurent le nettoyage, des campagnes de désinfections, la distribution des denrées alimentaires pour les nécessiteux. Ils ont même élaboré des plateformes de conduite avec des directives strictes et rigoureuses où sont inclues des sanctions contre les contrevenants. Mêmes les accès sont contrôlés dans certaines localités où ne sont autorisés à y accéder que les populations locales.
Brahim Oubellil