Ould Abbès met fin au suspens : Le FLN appelle Bouteflika à briguer un 5e mandat

S’exprimant au nom des militants et cadres de son parti, le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, a appelé, hier, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à se présenter aux élections présidentielles de 2019.

«Tous les militants du FLN le souhaitent, et appellent à la poursuite de la mission de son excellence le Président Bouteflika qu’il a débutée en 1999», tranche le chef du FLN, qui exhibe en conférence de presse le rapport portant bilan des réalisations du chef de l’État.
Ould Abbès, qui dit «assumer la responsabilité», affirme avoir répercuté un appel de «tous les militants du parti et les citoyens». Et lesquels, ajoute-il, ont exprimé un vœu de voir le Président briguer un 5e mandat aux présidentielles de 2019. Ceci dit, Ould Abbès précise que le dernier mot revient néanmoins au Président Bouteflika, lui seul peut décider d’une question qui l’engage. D’autre part, et intervenant en séance d’ouverture à une réunion de coordination du parti, le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, a promis de démontrer par les documents, comment ont été dépensés les fameux 1000 milliards de dollars. Cette démarche qui consiste à établir un rapport général retraçant l’ensemble des réalisations du Président Bouteflika, entend à la fois valoriser et défendre le bilan du chef de l’État et répondre aux critiques de l’opposition. Ce n’est pas la première fois que Djamel Ould Abbès évoque son souci de faire toute la lumière sur ce qui est devenu, au fil du temps, une carte évoquée par l’opposition politique depuis plusieurs années, égratignant la sous-visibilité des dépenses et exigeant plus de clarté sur le détail des dépenses. Avant la fin de l’année 2017, le secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbès avait évoqué, à Mila, lors d’une rencontre avec les militants de son parti, l’affaire dite des 1000 milliards de dollars qui auraient été dépensés par l’Algérie depuis 1999. Une affaire sur laquelle le Premier ministre et secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, était également revenu il y a quelques jours avant lui. Dans des déclarations précédentes, Djamel Ould Abbès a déclaré que le chiffre de 1000 milliards de dollars était faux et que la somme dépensée par l’Algérie, depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, était en dessous de ce chiffre. Ould Abbès affirme que la somme dépensée depuis 1999 ne dépasse pas les 800 milliards de dollars  » :
 » J’ai dit cela à Ouyahia à plusieurs reprises ». À rappeler que le premier ministre Ahmed Ouyahia, invité à la Radio nationale en sa qualité de secrétaire général du RND, est revenu sur cette même affaire, affirmant que les 1000 milliards de dollars avaient servi à financer différents projets lancés depuis le début des années 2000. Au début du mois de novembre dernier, l’ancien ministre de l’Énergie Chakib Khelil s’était aussi mêlé de cette affaire et affirmait savoir où sont passés les 1000 milliards de dollars que l’Algérie a engrangés ces dix-huit dernières années, soutenant que la moitié de cet argent a été dépensé dans la construction d’infrastructures de base et l’autre moitié dans l’achat et la subvention des produits de consommation. « Si nous distribuons les 1 000 milliards de dollars sur les 40 millions d’Algériens sur une période de dix ans, chaque Algérien aura environ 166 dollars par mois. Et dans ce cas de figure, l’État ne construira rien du tout : ni hôpitaux, ni écoles, ni universités, ni centrales électriques, ni barrages d’eau, ni routes… Il ne subventionnera non plus pas le lait, ni le gaz, ni l’eau, ni le logement. Vous conviendrez avec moi qu’en donnant mensuellement une telle somme, on ne va pas enrichir le citoyen », soutient-il, estimant ainsi que « l’Algérien a énormément bénéficié de tout ce qui a été construit avec cet argent ».
F.O.