Menace sécuritaire bien réelle

Ce n’est ni une surenchère de conjoncture, ni encore moins un faux-fuyant, de surcroît devant une responsabilité, qui a pour nom la sécurité nationale. L’Institution militaire, bon gré mal gré, n’a cessé d’alerter sur les périls qui pèsent sur nos frontières. Cela fait des années déjà qu’elle a pris la menace avec la rigueur et le sérieux qui lui sont connus.

Cette menace est beaucoup plus encore ardue aujourd’hui. Plus qu’elle l’était en tout cas après l’avènement du «Printemps arabe». L’impératif, au demeurant, est de s’intéresser à ce qui se passe à nos frontières avec la Libye. L’épisode guerrier ouvert récemment, par le sinistre Khalifa Haftar, confirme, à lui seul, ses desseins de faire basculer le conflit vers l’Algérie pour le compte de ses tuteurs occidentaux.

A-t-on déjà oublié les intentions, à peines voilées, de l’autoproclamé maréchal lorsqu’il a menacé publiquement, septembre 2018, de ramener la guerre jusqu’à nos frontières sud-est ? On sait que Haftar a fait ses classes aux États-Unis pendant des années, avant qu’il ne soit missionné pour exécuter un plan de destruction de région, dont l’Algérie est toujours la cible privilégiée. Les dernières révélations faites par son ancien bras droit, le colonel Mohamed Al-Hidjazi, au micro de la Chaîne 3 de la Radio nationale, corrobore encore, et on ne peut plus mieux, l’objectif premier des puissances étrangères : celui d’avoir main basse jusqu’aux souverainetés des pays de la région. Que dire alors de ses richesses ?

Ce qu’il y a surtout à retenir des propos de l’ancien homme de main de Haftar, ce sont ses mises en garde de l’Algérie et des pays du Maghreb quant aux visées expansionnistes de son ancien mentor. Car, de ses confidences à prendre très au sérieux, il s’est avéré, qu’avant de prendre d’assaut Tripoli, Haftar a eu plusieurs rencontres avec les services israéliens, le Mossad, alors qu’il est en contact permanent avec les services français.

D’autres facteurs exogènes encore renseignent sur ce qui se trame sous le sol algérien. N’a-t-on pas vu en effet une montée des hostilités entre la France et l’Italie, via leurs groupes énergétiques Total et Eni, sur le terrain gazier au moment où les capitales occidentales, au coude-à-coude avec les monarchies du Golfe, se disputent toujours, elles aussi, le sol libyen ?

Pour le colonel libyen, qui a eu à pratiquer pendant longtemps le maréchal autoproclamé, ce sont les puissances étrangères qui ont ordonné à Haftar de souffler sur le brasier et de lancer les hostilités contre Tripoli. La finalité étant celle d’étendre son hégémonie à l’ensemble du territoire libyen. Autrement, régner en seul maître en Libye à l’effet de faciliter l’exécution du calendrier des puissances.
F. Bellali