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LES ALGÉRIENS PRENNENT ACTE DE L’APPEL DU CHEF D’ÉTAT-MAJOR DE L’ANP = Un écho favorable au dialogue

Le 15e vendredi de manifestation populaire pacifique pour un changement total du système politique a été marqué par une très forte mobilisation des Algériens, qui ont massivement investi les rues du pays, réclamant un changement radical avec le départ de tous les symboles du régime et le rejet des élections présidentielles du 4 juillet prochain.

Hier à Alger, en particulier, les manifestants, à travers pancartes et mots d’ordre d’occasion, refusent le dialogue avec les 3 B, alors que le peuple s’est montré prêt à répondre à l’appel au dialogue lancé par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, mais sous conditions. Aussi, un vibrant hommage a été rendu à la mémoire du militant et activiste Kamel Eddine Fekhar, décédé mardi dernier, des suites d’une grève de la faim de plusieurs jours.

L’hommage rendu à Fekhar
Pour le dernier vendredi du mois de Ramadhan, les citoyens ont été plus nombreux et plus unis, défiant tous ceux qui s’entêtent et veulent faire taire leurs voix. La température élevée, la soif et la faim n’ont pas eu raison pour essouffler le mouvement. Au contraire, ils ont exprimé, cette fois-ci, leur soutien aux militants détenus à Ghardaïa et dénoncé les conditions dramatiques du décès du Dr. Kamel Eddine Fekhar, à la suite d’une grève de la faim, entamée en signe de protestation contre son arrestation le 31 mars dernier, des manifestants arborant les tenues traditionnelles mozabites se sont joints à ce rassemblement, tenu à la Place Maurice Audin à Alger. Après avoir observé une minute de silence à la mémoire de Fekhar, les manifestants ont crié leur colère quand au sort du défunt Fekhar. “Ya li el al3ar al doula katlet Fekhar !” (Quel le honte l’État a tué Fekhar), scandent-ils ou encore “pouvoir assassin” pour crier leur rage face à un système qui refuse d’entendre raison et exiger que justice soit rendue.  »Libérez les détenus politiques et les prisonniers d’opinion »,  » kamel Eddine Fekhar, reposes en paix. Le peuple continuera votre noble combat et ne dialoguera pas avec ceux qui vous ont assassiné », lit-on sur les banderoles brandies par les manifestants.

 » Oui pour le dialogue, mais avec conditions »
Les manifestants ont été, hier, unanimes à la nécessité d’entamer un dialogue constructif entre les différents partenaires pour sortir de la crise que traverse le pays, comme annoncé par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. Mais les approches sont mitigées concernant les mécanismes de sa concrétisation. » Franchement on est pour l’organisation d’un vrai dialogue constructif qui peut faire sortir le pays du trou, à condition que Bensalah, Bedoui et Bouchareb partent. Dans ce cas on peut discuter sur notre avenir. Si c’est avec eux, ce n’est même pas la peine », dira un citoyen d’un certain âge.  » Si le chef d’état-major est sincère et il veut que ce dialogue soit une bonne solution pour faire sortir le pays de cette crise, il doit écouter le peuple, on est sorti dans la rue pour une Algérie libre et indépendante. Depuis le 22 février dernier, le peuple a toujours réclamé sa liberté sauf que le système politique n’a pas voulu réagir concrètement. S’il refuse de nous accorder ce que nous revendiquons, on ne dialoguera pas avec eux, et on ne va pas arrêter notre mouvement », souligne un autre manifestant.

«Non à des élections sous contrôle de Bensalah et Bedoui»
D’autres manifestants n’ont pas tardé à se rassembler à la Grande-Poste, lieu symbolique pour les manifestants, et ce, malgré l’interdiction de l’accès au parvis et aux marches de l’infrastructure. Vers 11 heures, les rangs des manifestants ont commencé à s’épaissir dans une ambiance tendue à cause de la répression policière, marquée par quelques bousculades mais sans heurts, un peu plus d’une heure avant le début prévu du cortège, soit après la prière du vendredi, les manifestants ont notamment scandé «Jeûne ou pas, les marches se poursuivront jusqu’au changement du système», «Non à des élections sous le contrôle de Bedoui et de Bensalah» et «Djeïch chaâb, Khawa Khawa» (peuple et armée sont frères). Ils ont réaffirmé leur détermination à continuer leur lutte pacifique jusqu’à la satisfaction de leur revendication principale : « un changement radical du système politique actuel ». Ils ont également exprimé leur rejet catégorique des élections du 4 juillet prochain. Sous les cris «Djazaïr Horra, démocratya» (Algérie libre et démocratique) et «Silmya, silmya» (pacifique, pacifique).
Med Wali