l’ÉVÈNEMENT

Par Nourredine Bouteldja

Incontestablement, le fait du jour, de la semaine, voire des annales aura été cette médiatisation photographique de Athmane Tartag, alias Bachir, le nouveau patron du DRS. Présent à la rencontre de l’Afripol, avant-hier à l’Aurassi, le général major Bachir s’est laissé aller à un inédit «bain de flashs». Les Algériens découvriront, ainsi, un homme d’allant des plus ordinaires. Le détail revêt, ici, une importance capitale après bien des contes fantasmagoriques tumultueux et la mythologie bâtie, sur un quart de siècle, autour d’une officine élevée au rang de l’Olympe. Avec ses dieux vivants, omnipotents, redoutables et redoutés, dont la seule évocation suffisait pour inspirer, sinon une terreur intenable, un malaise psycho -social avéré dans une société traditionnellement conviviale et sociable. De ce point de vue, le portrait photographique, largement diffusé du reste, du nouveau chef du renseignement a ce double mérite de dissiper cette peur collective viscérale de  l’inconnue mais aussi de «l’inconnu» en même temps qu’elle offre l’image rassurante que prisent les larges couches sociales : celle de monsieur tout le monde, tendance bon père de famille même si le trait reste austère et autoritaire, qui découle de la longue pratique de la responsabilité militaire. Mais en aucun cas, ni un dieu, ni un demi -dieu. Tout au plus un homme simple, investi d’une mission herculéenne par ces temps de grandes menaces multiformes.
Cette médiatisation du portrait photographique, si elle défraie la chronique aujourd’hui, n’en était pas moins prévisible dès l’intronisation de Bachir à la tête du DRS, s’agissant de suppléer un mythe qui aura fait beaucoup de dégâts par un visage humain , humanisé et humaniste pour bien amorcer l’ère nouvelle qui commence où l’on pressent ,en filigrane ,la nécessité impérieuse de rétablir les ponts entre gouvernés et gouvernants via la confiance. Qu’un tel dessein tende à se matérialiser au niveau d’un socle de l’état aussi puissant que le DRS est en soi un gage sur l ‘avenir dans le sens de l’apaisement de toutes les aigreurs et griefs cumulés sur un grand nombre d’années.
Que Athmane Tartag, un militaire au dogme bien nourri de nationalisme, d’intégrité et de probité comme le martèlent souvent ceux qui l’ont connu, ait été élu pour servir, entre autres , d’Icône à la nouvelle république prégnante d’un véritable état de droit, ne peut que conforter l’assentiment d’une opinion publique en quête effrénée , justement , de respect et de considération. Le portrait-photo du général major Bachir Tartag constitue, à bien des égards, l’un des premiers jalons de cette voie à suivre désormais. La tentation est grande pour nous de dire, sans jeter l’anathème sur personne, « Merci, déjà, mon général pour ce baume au cœur ! »…mais nous le dirons pas !
N.B.