Pourquoi « crier aux loups » si fort ? Fallait-il que l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) publie les motifs ayant commandé le rejet des 269 candidatures ? Sur 1235 candidatures qui ont été retenues, cela fait un peu beaucoup, on vous le concède. Ce n’est cependant pas une raison pour s’agiter publiquement alors que les moyens de recours existent. Contester un rejet devant un tribunal est une chose, vociférer dans la rue en est une autre. Ce serait oublier également le sacro-saint principe de la présomption d’innocence avant une décision de justice. Ce n’est pas seulement un souci de droit. C’est également un souci de protection des personnes concernées par ces rejets. Si les gesticulations des candidats et des partis politiques persistent, le risque d’un effet boomerang qui entrainerait la divulgation des raisons de rejets des candidatures est grand. Mais déjà, chacun sait que conformément à la loi, les motifs de rejet vont des antécédents judiciaires du candidat jusqu’à sa non inscription aux listes électorales en passant par sa situation fiscale ou son défaut de service national et bien d’autres motifs comme les délits de corruption. N’est-il pas préférable, comme on dit chez nous, de « ne pas soulever le couvercle du puits ! » ? Pour ne pas étaler sur la voie publique des données personnelles des candidats concernés par ces rejets. L’insistance de certains pourrait obliger l’ANIE à rendre public, une fois les décisions de justice prononcées, les motifs de confirmation des rejets. Ceux qui contestent publiquement les rejets de l’ANIE, indépendants et formations politiques, font semblant d’ignorer la législation qui est pourtant claire. Notamment dans ses dispositions relatives aux conditions de participation et aux recours. Faire du tapage et utiliser le « recours médiatique » n’a pour but que la diversion. Certains vont même jusqu’à reprocher les « délais courts » prévus pour les recours. Pourtant cela leur permet d’avoir le temps de reprendre leur place de candidats si le tribunal les réhabilite dans leurs droits. Ceci d’une part. D’autre part la date du scrutin étant fixée, il est quasiment impossible de ne pas respecter une stricte observance des étapes réglementaires. À l’évidence, il apparait que les pratiques du passé ont la vie dure. De ces pratiques qui ont abouti à la désaffection des électeurs. Pour corriger cette « obstination », l’ANIE devrait s’obliger à rendre public et en détail les décisions de la justice sur les recours introduits. Et même ceux qui n’auraient pas été introduits. Les électeurs apprécieront mieux le changement radical dans le sens de la transparence et de l’intégrité des candidats qui « jurent » être au service des citoyens, une fois élus. La démocratie en sortira également grandie par le strict respect de la loi. Cela peut même faire partie de la campagne électorale et inciter à la réconciliation du citoyen avec les RDV électoraux. Alors SVP, un conseil pour les candidatures rejetées : mieux vaut user des moyens de recours sans tapage !
Zouhir Mebarki









































