GHALI

LE PRÉSIDENT SAHRAOUI, BRAHIM GHALI : « L’Espagne devra payer un jour ses factures »

Le président de la République arabe sahraouie démocratique, secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali a réaffirmé la détermination du peuple sahraoui « à poursuivre sa lutte armée jusqu’à l’indépendance », soulignant que l’Espagne a « des responsabilités et des factures en attente qu’elle devra payer un jour » a-t-il précisé. Déclarant que le peuple sahraoui est déterminé à poursuivre sa lutte armée pour la libération du Sahara occidental, il affirme que cette détermination va « imposer le droit à l’autodétermination des Sahraouis et l’établissement de son État indépendant » et ainsi « atteindra les objectifs pour lesquels il lutte » contre l’occupation marocaine, depuis 1975 et auparavant contre le joug colonial espagnol. Le SG du Front Polisario affirme , plus loin dans un entretien accordé à la chaîne de télévision espagnole « Telecinco », qu’il ne s’agit que « d’une question de temps », ce qui a été faut-il le noter, le cas pour d’autres peuples africains et ailleurs dans le monde, d’autant plus que le Sahara occidental est une question de décolonisation inscrite sur l’agenda des Nations unies et de l’Union africaine dont la Rasd est un des membres fondateur de l’Institution du Continent africain. Le président de la RASD n’a pas manqué de revenir sur le revirement de la position du Premier ministre espagnol annonçant son alignement sur la politique coloniale marocaine au Sahara occidental, Le SG du Front Polisario, Brahim Ghali a qualifié dans cet entretien le revirement du premier responsable de l’exécutif espagnol , Pedro Sanchez « de soumission au régime du Makhzen » et de « trahison », relevant que « Madrid a des factures en attente qu’elle devra payer un jour au peuple sahraoui ». À cet égard, il s’est interrogé sur ce qui se cache derrière cette décision du chef de l’exécutif espagnol d’adopter la posture du système colonial marocain, soulignant que ce changement de position « a fait exploser des décennies de bonnes relations » réaffirmant que « les relations officielles sont rompues », a-t-il dit au passage. S’adressant via son entretien à la chaîne de télévision espagnole « Telecinco » , aux autorités espagnoles, il assure que « l’Espagne a des responsabilités historiques qu’elle devra assumer et reconnaître devant l’histoire et le peuple sahraoui ».Dans sa réponse de voir une correction à la politique de Pedro Sanchez et donc à la position de Madrid se traduire, en cas de changement de gouvernement à la faveur d’une éventuelle victoire du Parti populaire espagnol lors des prochaines élections législatives, le président Ghali dit espérer que « Feijoo (Alberto Nunez Feijoo, président du Parti populaire) soit la solution ». Poursuivant à ce propos il ajoute que « nous espérons que l’Espagne changera ses positions sur la question sahraouie» mais je sais, poursuit-il « que les partis politiques de l’opposition (en Espagne) adoptent une politique et lorsqu’ils arrivent au pouvoir ils en adoptent une autre », a-t-il rappelé. Concernant le scandale de l’affaire de l’espionnage Pegasus, logiciel de l’entité sioniste dont le Maroc a bénéficié et au centre d’un vaste scandale international, le président sahraoui a affirmé qu’il « a également été espionné par ce logiciel sioniste et par le régime du Makhzen ». Il est à rappeler que la majorité du peuple espagnol a et continue de manifester son opposition à la posture de leur Premier ministre sur le Sahara occidental comme c’est aussi le cas d’institutions espagnoles qui ne cessent de rappeler à l’ordre, Pedro Sanchez et son gouvernement. Le Congrès espagnol a adopté, en effet, jeudi dernier, une résolution, dans laquelle il réaffirme « la nécessité de conclure le processus de décolonisation du Sahara occidental, dans le respect scrupuleux de la légalité internationale et le cadre des résolutions de l’ONU », a indiqué un communiqué du Parlement. Une position à réaffirmer, faut-il le rappeler, pour la deuxième fois en moins de deux mois, après son premier rejet de la décision du Premier ministre, Pedro Sanchez, « d’adhérer au pseudo plan d’ »autonomie » » que brandit le Makhzen pour imposer le fait accompli de son occupation illégale du Sahara occidental, depuis 1975 ; date de l’invasion militaire marocaine de ce territoire, rendue possible par les Accords de Madrid, en violation du Droit international. Le Parlement a rappelé, dans sa résolution qu’il demeurait « sur la ligne historique de l’Espagne », insistant sur « le processus de décolonisation du Sahara occidental dans le cadre des résolutions de l’ONU », souligne le communiqué. Le 7 avril dernier, les parlementaires espagnols avaient rejeté la décision unilatérale prise par le Premier ministre, Sanchez , en faveur de l’occupation marocaine, accusant le chef du gouvernement « d’avoir abandonné une position historique de neutralité à l’égard du conflit ».
Karima B.