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LA TROISIÈME ET ULTIME DEMANDE DE SA LIBERTÉ PROVISOIRE REJETÉE : Louisa Hanoune maintenue en prison

Le juge d’instruction près le tribunal militaire de Blida a décidé de maintenir la secrétaire générale du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, en détention.
«Le Tribunal militaire de Blida vient de rejeter hier, pour la troisième fois la demande de liberté provisoire formulée par le collectif d’avocats de Louisa Hanoune, première Cheffe d’un parti politique à être emprisonnée pour ses positions politiques depuis la fin de la tragédie nationale», a affirmé le parti à travers un communiqué de presse. Ce troisième refus a, ainsi, mis un terme aux espoirs de celle-ci de sortir de prison. En effet, elle devra attendre la programmation de son procès, puisque ce troisième appel est la dernière procédure à laquelle elle ouvrait droit.
Selon le communiqué, qui cite les explications des avocats, la secrétaire générale du PT a pourtant «présenté toutes les garanties pour être en liberté provisoire et rester à la disposition de la justice».
«Cette injustice doit cesser. Aucune raison n’est valable pour justifier son maintien en détention provisoire qui devient de fait une condamnation provisoire puisque elle est privée de liberté et de ses droits politiques et civiques depuis 68 jours, a encore précisé le communiqué. Le PT a, de surcroît, considéré que « le maintien de Louisa Hanoune en prison s’inscrit dans la nouvelle offensive des autorités contre la démocratie et les libertés».
Également, le parti a affirmé que Louisa Hanoune est une détenue d’opinion. En ce sens, il a écrit que « le maintien de Louisa Hanoune en prison tout comme celui du Moudjahid Lakhdar Bouragâa et des dizaines de détenus d’opinion, annoncent un tournant dans la nouvelle ère ouverte le 9 mai dernier avec son incarcération». Le PT a encore précisé que «le Comité national pour la libération de Louisa Hanoune se réunira incessamment pour étudier les voies et moyens pour renforcer et élargir lamobilisation sur le terrain de la démocratie pour exiger et obtenir la libération immédiate et inconditionnelle de la secrétaire générale du PT».

En détention depuis le 9 mai dernier
Pour rappel, la SG du PT a été placée en détention le 9 mai dernier, après avoir été convoquée par le tribunal militaire de Blida dans l’affaire impliquant Saïd Bouteflika, frère de l’ex-président de la République, et des deux généraux, Mohamed Mediène alias Toufik et Bachir Tartag, poursuivis pour «complot contre l’autorité de l’État et de l’Armée».
Pour ce qui est des charges retenues contre Louisa Hanoune, son avocat, Me Mokrane Aït Larbi, avait fait savoir que la première est le «complot dans le but de porter atteinte au commandant d’une compagnie militaire», puni par l’article 284 du code militaire de 5 à 10 ans de réclusion criminelle.
La seconde inculpation concerne «le complot pour changer le régime», puni par l’article 77 du code pénal à la peine capitale.
Rappelons, entre autres, que Louisa Hanoune a reconnu avoir pris part à une «réunion consultative» avec Saïd Bouteflika en présence du général Toufik, mais elle a nié toute implication dans le «complot» dont ces derniers sont accusés. C’est ce qui a été révélé par Me Rachid Khane, député et également avocat de l’accusée.
Celui-ci avait précisé, à travers sa page Facebook, qu’une rencontre «d’une heure environ» entre Louisa Hanoune, Saïd Bouteflika et le général Mohamed Mediène a effectivement eu lieu à la résidence officielle «Dar El Afia» d’Alger, le 27 mars dernier, soit, une semaine avant la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Selon Me Khane, cette «réunion consultative» avait pour objectif, selon sa cliente de «donner son avis sur la situation politique, et elle pensait que cette rencontre était officielle avec l’accord de la présidence de la République». L’avocat avait également affirmé que Louisa Hanoune a participé à cette rencontre pour «accomplir son devoir en tant que cheffe d’un parti agréé» et «députée» autorisée par la Constitution à «représenter le peuple devant les instances officielles».
Lamia Boufassa