Accueil Edito La « Issaba » passe de l’import à l’export

La « Issaba » passe de l’import à l’export

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Impossible de prioriser les sujets abordés, samedi dernier, lors de la rencontre du président Tebboune avec la presse nationale. Tous les sujets étaient de même importance. Cet espace ne peut pas les contenir tous. Une sélection s’impose. Notre choix s’est porté sur le développement économique. Pourquoi ? Depuis des décennies les gouvernements respectifs nous avaient promis, sans succès, de sortir de la dépendance des hydrocarbures. Le candidat Tebboune est venu en 2019, avec sous les bras, un programme. Il nous a promis de faire entrer l’Algérie parmi les pays émergents avec l’objectif d’un PIB à 400 milliards de dollars, à la fin de l’année 2027. C’est pourquoi son programme économique suscite l’espoir et s’avère intéressant à suivre. Samedi dernier, ses réponses aux multiples questions économiques, étaient accessibles aux plus profanes. Les explications étaient données simplement. On se surprend à penser : cette fois cela à l’air d’être la bonne. Le ton assuré, Tebboune déroule sa méthodologie et énonce les jalons posés les uns après les autres. Que ce soit pour l’industrie minière qu’il a réanimée ou la production agricole qu’il a réussi à rendre excédentaire et donc rendue éligible à l’export. Que ce soit le taux d’intégration de l’industrie automobile porté à 40% avec la production des pièces détachées ou le passage obligatoire des ressources naturelles de la vente à l’état brut à la transformation et sa plus-value. Que ce soit, le réveil du géant gisement de Gara-Djebilet avec la réalisation en temps record d’une ligne de chemins de fer longue de 1000 km pour transporter sa production, ou encore les mégas projets, céréalier et laitier, du Sud. On ne peut pas ne pas être convaincu par toute la réflexion qu’a nécessité son programme avant son adoption. Une conviction qui nous replonge dans nos rêves d’une Algérie triomphante léguée à nos enfants et petits-enfants. C’est dans cet état d’esprit que le Président poursuit son exposé et nous annonce que des parasites s’accrochent à plusieurs segments de ce développement économique et notamment dans sa partie export. « Nous nous sommes débarrassés de la « issaba » qui s’adonnait à la surfacturation pour nous retrouver face à une autre « issaba » qui se livre à la sous-facturation… » avant d’ajouter : « je viens de découvrir, suite à une réunion que j’ai tenue avant-hier (jeudi dernier NDLR) sur le commerce extérieur, qu’il y a 350 millions de dollars qui ne sont pas rentrés ». Inadmissible, inacceptable, ces véritables sangsues. Ces spéculateurs qu’il faut éradiquer. L’État surveille de près la vente des moutons importés pour sévir au cas où ces spéculateurs s’aviseraient à y toucher. L’éventualité d’une spéculation sur l’acquisition de ces moutons de l’Aïd évoquée par le Chef de l’État est certainement basée sur des informations de nos services de renseignements. « La justice sera implacable » a-t-il averti à l’adresse de ces « sangsues ». On ne joue pas impunément avec l’espoir de la Nation pressée de rejoindre les pays émergents !
Zouhir Mebarki

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