Accueil Edito France-Algérie : « l’année utile » 

France-Algérie : « l’année utile » 

0

Si aucune réaction des extrémistes en France ne vient, ces jours-ci, torpiller la mission que vient d’effectuer, dans notre pays, Mme Alice Rufo ministre déléguée aux anciens combattants auprès du ministre français des armées, on pourra espérer l’apaisement voulu par l’Algérie et la France officielle dans leurs relations. Ce qui n’empêche pas de voir ce que la ministre a apporté dans ses bagages. D’abord ce message du président de la République française, Emmanuel Macron, au président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune. Dans le même avion, il y avait l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Ce dernier est revenu reprendre ses fonctions, sur décision du président français, Emmanuel Macron qui l’avait rappelé à Paris en avril 2025. Un signe de la volonté française de renouer le dialogue. Un autre signe de bonne volonté que celui qui a mené Mme Rufo à Sétif pour participer à la commémoration des massacres de la population algérienne, par la France le 8 mai 1945. Bien que cette participation n’apportât rien de nouveau. En effet, le 27 février 2005, l’ambassadeur de France à l’époque, Hubert Colin de Verdière, avait effectué une visite à l’université de Sétif où il avait qualifié ces mêmes massacres du 8 mai 45 de « tragédie inexcusable ». 3 années plus tard, son successeur, Bernard Barjolet, s’était rendu à l’université, de Guelma cette fois, pour déclarer, au sujet de ces massacres, que « le temps de la dénégation est terminé ». On ne peut pas dire que des avancées ont eu lieu depuis. Alors que peut-on attendre du président Macron à qui il ne reste qu’une année à passer à l’Élysée ? Dans une déclaration à l’issue de sa rencontre avec le président Abdelmadjid Tebboune, Mme Rufo a déclaré : « Notre objectif est d’obtenir des résultats rapidement ». Dans quels domaines ? Elle a cité la coopération sécuritaire et de défense dont elle dit « avoir longuement discuté » avec le Général d’armée, Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire. Elle a également souligné la volonté de la France de renforcer la coopération judiciaire entre les deux pays. Est-ce à dire que les « 61 commissions rogatoires adressées par l’Algérie à la France dans le cadre de la récupération des fonds détournés, restées sans réponse jusque-là », vont avoir une suite ? Il suffit simplement que la justice française « lève le coude » sur ces commissions rogatoires et que, dans la foulée, soit aussi « humaine » dans ses détentions provisoires délivrées sans peine. De la même façon qu’elle l’a été en libérant de prison Nicolas Sarkozy qui, pourtant, était en détention sur décision de cette même justice. Ceci pour éviter les cris d’orfraie sur l’indépendance de la justice. Mme Rufo termine avec une note d’optimisme en déclarant que le retour à Alger de l’ambassadeur Romatet a été décidé pour suivre ce qui sera « mis en œuvre (par le président Macron) …afin que cette année soit fructueuse ». Pourquoi ne pas y croire ?
Zouhir Mebarki

Article précédentSES DRONES ONT VISÉ DES SOLDATS ET DES ÉQUIPEMENTS ISRAÉLIENS : La résistance libanaise atteint ses cibles 
Article suivantCOOPÉRATION ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE : Le sens d’une ouverture sur le continent