Le Centre de Ghaza pour les droits de l’homme a tiré la sonnette d’alarme, mercredi, sur une flambée aiguë de la famine parmi les enfants de moins de cinq ans dans la bande de Ghaza, indicateur d’une détérioration sans précédent de la situation humanitaire.
Cette crise résulte de la poursuite des restrictions imposées par l’occupation sur l’entrée des denrées alimentaires essentielles et de la dégradation des services de santé, après plus de 30 mois depuis le début de l’agression militaire sioniste. Dans un communiqué, le Centre a indiqué que plus de
71 000 enfants de moins de cinq ans sont menacés de malnutrition aiguë au cours de l’année 2026, alors que les flux d’aide ont chuté de 37 % entre la première et la deuxième période suivant l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, selon les derniers rapports du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). L’aide est passée de plus de 167 600 tonnes métriques durant les trois premiers mois à moins de 105 000 tonnes métriques entre janvier et avril 2026. Cette baisse s’explique par les restrictions sionistes sur le transport des marchandises et des aides, la hausse des taux de renvoi des camions, ainsi que des pannes techniques dans les appareils de contrôle, entraînant une érosion notable des réserves alimentaires et de carburant dans l’enclave. Le Centre a alerté sur le fait que plus de 13 000 enfants se trouvent dans un état extrêmement critique en raison de la malnutrition aiguë et nécessitent un traitement intensif et une alimentation thérapeutique immédiate pour éviter la mort ou des effets sanitaires à long terme. La proportion d’enfants identifiés comme souffrant de malnutrition aiguë au cours des derniers mois a atteint environ 13,5 % des enfants examinés, ce taux grimpant jusqu’à 19 % dans certaines régions. Le cessez-le-feu n’a pas apporté de changement qualitatif à la situation alimentaire : seuls 38 % des camions prévus sont entrés dans l’enclave, et moins de 15 % des camions de carburant. Le problème ne se limite pas au volume des aides mais concerne aussi leur qualité et leur valeur nutritionnelle, des dizaines de produits restant interdits d’entrée, dont des types de lait infantile, de vitamines et de médicaments. L’Organisation mondiale de la santé a averti que plus de 100 000 enfants, ainsi qu’environ 37 000 femmes enceintes et allaitantes, sont exposés à la malnutrition aiguë. Sur plus de 35 000 enfants âgés de 6 à 59 mois examinés récemment, 4 % présentaient des cas nécessitant un traitement nutritionnel. Le Centre a souligné que la privation de nourriture suffisante et nutritive constitue une violation flagrante du droit à la vie et à la santé, et que l’utilisation des restrictions sur l’entrée des produits essentiels comme moyen de pression peut constituer une punition collective interdite par le droit international humanitaire. Il a exigé la levée immédiate des restrictions sur l’entrée des denrées alimentaires et médicales par tous les points de passage, et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les dimensions juridiques des politiques d’approvisionnement alimentaire.
M. S.













































