Accueil ACTUALITÉ STRATÉGIE ITALIENNE DE DIVERSIFICATION ÉNERGÉTIQUE : L’Algérie, pierre angulaire

STRATÉGIE ITALIENNE DE DIVERSIFICATION ÉNERGÉTIQUE : L’Algérie, pierre angulaire

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La relation entre l’Algérie et l’Italie a fait l’objet d’une étude analytique italienne approfondie, publiée lundi par le site web d’économie et de finance « Lamia Finanza ». Ses deux auteurs, le professeur Marco Pacini et l’avocat Francesco Serra, montrent comment cette relation est devenue l’un des piliers les plus importants de la politique énergétique en Méditerranée. Son importance dépasse la dimension commerciale, soulignent-ils, expliquant qu’elle acquiert une valeur stratégique du fait de son lien avec la sécurité nationale, la stabilité des approvisionnements, l’expansion de l’Italie en Afrique du Nord et la capacité de l’Europe du Sud à réduire sa vulnérabilité aux divisions géopolitiques résultant de la guerre en Ukraine, des tensions au Moyen-Orient et de la concurrence mondiale pour les infrastructures vitales. L’étude souligne que, malgré les bouleversements géopolitiques, l’Algérie a offert à Rome une plus grande prévisibilité que d’autres régions. Les auteurs rappellent qu’après 2022, l’Algérie est devenue une pierre angulaire de la stratégie italienne de diversification énergétique. Avec le déclin progressif du gaz russe, culminant avec l’arrêt du transit par l’Ukraine à compter du 1er janvier 2025, l’Europe a été contrainte à repenser fondamentalement ses chaînes d’approvisionnement, mais l’Italie a transformé cette vulnérabilité en un atout géopolitique, en tirant parti de sa situation géographique et de son réseau de relations dans la région méditerranéenne. Ils soulignent la fonction du gazoduc Transmed, reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, comme artère stratégique reliant l’Afrique à l’Europe, et son impact sur la compétitivité industrielle, la sécurité d’approvisionnement et le rayonnement international des pays. Les auteurs évoquent le contexte d’instabilité croissante au Moyen-Orient, les tensions dans la région du Golfe, les perturbations fréquentes des routes de gaz naturel liquéfié (GNL) et la sensibilité du détroit d’Ormuz. Ils soulignent que la sécurité énergétique repose désormais sur la capacité à gérer des espaces distants, interconnectés et complexes par des méthodes traditionnelles. C’est ainsi, affirment-ils, que le partenariat avec l’Algérie prend une valeur ajoutée. Le marché du gaz n’est plus uniquement régi par la loi de l’offre et de la demande, selon l’étude qui fait remarquer que ce marché est maintenant lié à la sécurité des routes maritimes, à la stabilité des gouvernements, à la capacité de production réelle des fournisseurs et aux pressions exercées par les puissances extérieures, sans oublier la fragilité de l’infrastructure numérique qui encadre l’extraction, le transport et la distribution. Pour Rome, poursuit l’étude, l’Algérie est un partenaire solide, mais aussi un acteur souverain au sein d’un système complexe d’équilibres. Les auteurs en tirent la leçon que la relation avec l’Algérie doit être gérée comme un atout stratégique, et non comme une simple source d’approvisionnement commercial. L’exemple algérien, selon le document, illustre l’évolution du concept de sécurité. La sécurité nationale ne se limite plus aux frontières ou à la défense militaire, mais englobe désormais l’énergie, les données, les infrastructures, les chaînes d’approvisionnement, la technologie, les ressources vitales, les ports, les câbles sous-marins, les réseaux numériques et les capacités industrielles. Le document souligne que la crise énergétique peut impacter l’industrie, l’inflation, la compétitivité, la stabilité sociale et la diplomatie. Il s’agit, en concluent les auteurs, d’un test de la maturité stratégique de l’Italie, le partenariat avec l’Algérie doit être bâti sur l’investissement, la formation, la technologie, le développement conjoint et la transition énergétique peut générer une valeur durable. Inévitablement, les auteurs se réfèrent au « Plan Matteai » qui, selon eux, apparaît comme le cadre le plus important s’il parvient à transformer l’énergie en un projet global de coopération politique et économique. 

M. R.

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