Amendement technique de la Constitution, révision des lois relatives au régime électoral, aux partis politiques et à l’organisation territoriale, ainsi que la consolidation du rôle de l’ANIE dans l’organisation des élections… Les prochaines législatives se dérouleront sur la base d’une législation réajustée sur mesure.
Deux mois nous séparent des élections législatives du 2 juillet 2026. Les partis politiques et les indépendants participants sont en course contre la montre. L’heure est à la collecte des parrainages pour la constitution des listes de candidats. De son côté, l’Autorité nationale indépendante des élections, qui peut désormais compter sur le concours de l’administration pour fournir la logistique électorale, attend la réception des candidatures avant le 18 mai courant. À ce stade, tout semble se dérouler comme sur des roulettes. Mais, comme la fièvre électorale monte en pareil rendez-vous, des partis se manifestent, par-ci, par-là, pour mettre en doute l’efficacité du dispositif d’organisation.
Garant de l’application de la Constitution de laquelle découlent les lois régissant les élections, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, rassure quant aux capacités de l’ANIE, maintenant qu’elle est mieux pourvue en matière d’outils organisationnels, de relever le défi. Le Président a également évacué toute mauvaise interprétation de la mission de l’administration dans l’organisation du processus électoral. Le mot « fraude électorale » a disparu du dictionnaire des Algériens depuis 2019 », a-t-il affirmé lors de son entrevue médiatique diffusée samedi, soulignant que la révision du cadre est motivée par des lacunes décelées dans le travail de l’ANIE. « J’avais proposé au président de l’ANIE de l’époque de faire appel à certaines institutions publiques pour l’organisation et la préparation matérielle uniquement », a-t-il indiqué, précisant que l’Autorité est « la seule garante et responsable des voix des Algériens dans les urnes. » Évoquant la mission de l’administration, le Président a souligné que « personne n’a le pouvoir d’intervenir dans le travail de l’ANIE. L’administration est strictement interdite d’intervenir dans le processus électoral ».
Une femme Premier ministre ? Pourquoi pas !
Interrogé sur les postes de responsabilité politique occupés par les femmes algériennes et leur place dans l’échiquier politique national, le président de la République a affirmé qu’il n’a aucun complexe à ce sujet. Bien au contraire, a-t-il exhorté, « il faut s’éloigner des idées obscurantistes concernant la place de la femme dans la vie politique. La femme algérienne qui a participé à la lutte armée pour la libération de la patrie a les mêmes droits que l’homme dans la pratique politique. Elle doit s’engager dans le domaine politique ». Le Président a ajouté, par ailleurs, que l’Algérie est un pays jeune et qu’il faut, dès lors, exploiter cette particularité. « Pour la première fois, nous avons atteint neuf postes ministériels occupés par des femmes et ce nombre pourrait être augmenté à l’avenir. Je n’ai aucun complexe à nommer une femme Premier ministre en me basant sur le critère de compétence », a-t-il assuré.
L’argent sale se paye cash
Abordant la moralisation de la vie publique et électorale dans notre cas, le Président a mis en garde contre le recours à l’argent sale dans les prochaines élections législatives et même, à l’heure actuelle, dans l’opération de parrainage des candidats. « La loi punit l’atteinte aux élections par l’argent. Des personnes qui ont enfreint cette loi sont en prison », a-t-il dit. Au sujet des partis politiques qui ont l’habitude de boycotter les élections, le Président a estimé que cette pratique politique est nulle et est vouée à l’échec. « La valeur d’un parti se mesure à l’ampleur des résultats qu’il obtient aux élections et il y a des partis sans ancrage qui préfèrent boycotter les élections pour éviter de révéler leur véritable poids », a-t-il estimé, précisant : « Nous sommes en train de construire un État solide, basé sur des fondations saines, sans arrière-pensées, sans argent sale et sans népotisme. » Le Président a ajouté à propos des prochaines législatives que tout candidat avéré coupable d’utilisation de l’argent sale sera suspendu, son mandat électoral prendra fin, son immunité sera levée et il sera poursuivi pénalement ». Il a conclu à ce sujet en affirmant que l’anarchie qui régnait avant 2019 en Algérie est derrière nous et que nous ne sommes pas prêts à y revenir.
La liberté d’expression ne se dicte pas !
Concernant la démocratie et la liberté d’expression, le président Tebboune a réaffirmé que ces principes sont garantis en Algérie, à condition de respecter les lois de la République, les composantes de l’identité nationale (islamité, amazighité et arabité) et les traditions de la société. Il a souligné que « la liberté d’expression est garantie dans notre pays, à condition que les idées exprimées soient celles de leurs auteurs et non pas des idées dictées par des parties, dont le but est de semer la zizanie, porter atteinte ou créer une scission parmi les composantes de la société ». Dans le même sens, il a rappelé avoir juré devant le peuple algérien, lors de sa prestation de serment constitutionnel, d’être « l’adversaire de quiconque oserait porter atteinte à l’unité nationale ou à l’une des composantes de l’identité nationale, protégées par la Constitution et les lois de la République ».
La cinquième colonne
Le Président a assuré que l’intervention de la justice algérienne dans les questions liées à l’expression d’opinion demeure « rare », précisant que « tout contrevenant aux principes statués par la Constitution, la loi algérienne, et les traditions de la société, en paiera le prix, car la justice est libre et elle a pour mission d’interdire l’injure et la diffamation ». Le chef de l’État a, par ailleurs, rappelé que les lois de la République « interdisent la réouverture des dossiers du passé douloureux », soulignant, à cet égard, que « les relais de la cinquième colonne qui se croyaient protégés par des parties étrangères qui les utilisent, ont fini par réaliser qu’ils avaient tort et qu’aucune partie ne pourrait les protéger ». « Comment des pays occidentaux peuvent-ils prétendre qu’il y a des restrictions en Algérie, en se posant en modèles de démocratie, et infliger des peines d’emprisonnement à l’encontre de toute personne qui exprime sa sympathie envers la cause palestinienne sur les réseaux sociaux ? », s’est-il interrogé.
Farid Guellil















































