Il usera, à l’anglaise, d’une «talonnade» qui laisse perplexe : Le dernier né des «Goals» de Madjer

Rabah Madjer vient d’accorder un long entretien au site anglais Goal.com. Objectif, faire taire les «mauvaises langues » et dresser au passage un bilan des dernières sorties des «Fennecs.» Répondre à certaines critiques. C’est bien. Le faire devant un parterre de journalistes algériens sur le dos desquels il met ses premiers déboires aurait été mieux. Autrement plus constructif et surtout moins risqué médiatiquement que de traverser la Tamise. Précision de taille : aucun différend ne l’oppose à la presse de son pays coupable toutefois de «lui creuser» le lit d’un limogeage désormais plus que d’actualité lui qui semble, dans un réflexe suicidaire, se mettre tout le monde à … dos. Une interview qui ne convainc personne. Ne fait pas avancer les choses

Par Azouaou Aghiles

Oh «My Goal» !
La toute récente sortie du sélectionneur national mérite-t-elle un passage obligé par la très sérieuse entité algérienne «INAPI» (lire Propriété Nationale de la Propriété Industrielle) afin de connaître le même sort (des plus heureux faut-il le souligner puisqu’elle a fait le tour du monde et est à jamais gravée dans les mémoires des amoureux du beau jeu) que cette fameuse action sortie de nulle part qui a permis à l’artiste qu’il était alors aux devants de l’attaque de Porto de faire plier l’ogre allemand (l’intouchable grand Bayern de Munich qui demeure toujours aux plus hauts sommets de la hiérarchie mondiale et pas seulement sur le Vieux Continent) lors d’une finale de Coupe d’Europe des champions (aujourd’hui Ligue des Champions européenne) mémorable dans un Prater de Vienne sous le charme marquée du sceau magique de l’Algérien. Depuis, beaucoup d’eau et de salive ont coulé sous les ponts, l’intéressé traversant, comme nombre de talents confirmés de par le monde, quelques moments difficiles sur le plan purement footballistiques. Se brûlant les doigts avec une 1ère expérience ratée à la tête de l’E.N, l’enfant d’Hussein Dey rongera longtemps (plus d’une décennie) son frein non sans l’espoir ténu de prendre un jour sa revanche sur le sort et sur ceux qu’il estime être à l’origine de sa mise à l’écart ou marginalisation. Déconnecté des terrains et des évolutions (pas seulement en football apparemment) que connaîtra le village planétaire, il profitera des grands chamboulements que connaîtra la scène footballesque algérienne (le départ programmé de Raouraoua de la tête de la Faf n’étant pas des moindres, car sonnant comme une occasion inespérée à ne pas rater pour reprendre du service, là, d’où il estime avoir été délogé injustement) et saisira au vol (contre vents et marées, les critiques fusant de toutes parts) l’opportunité offerte (dans un 1er temps dans le costume taillé sur mesure de «conseiller» et là, personne ne trouvera rien à redire)par le nouveau maître de Dely Brahim qui lui confiera, dans la réaction (négative) populaire qui suivra, les rênes d’une sélection nationale (un courage qu’il faudra toutefois saluer) à genoux. Définitivement à terre. Un onze d’Algérie redescendu subitement sur terre après avoir trôné allègrement (on ne cessera jamais de le rappeler, à nos grosses frustrations passées et présentes, sans les titres qu’impose un tel statut toutefois loin d’être usurpé, le groupe « Vert» étant constitué d’authentiques «stars» recherchées partout et que Madjer et bien d’autres consultants détenant la science infuse feignirent –tiens, tiens !- lorsqu’il officiera sur les plateaux T.V avant de se rendre compte, nécessité oblige qu’il hérite de la chance inouïe finalement –il ne peut cracher sur tant de biens qui ne devraient pas nuire- de noms avec lesquels il peut accomplir des miracles, comme par exemple monter sur la plus haute marche du podium dès la CAN 2019 qui figure dans ses priorités) sur la hiérarchie continentale. Des «flèches» qui feront mouche à chaque fois qu’il montera au créneau pour prendre à témoin l’opinion que l’E.N, dans la «tourmente», ne pouvait plus rien donner. N’avait rien donné endossant le chapeau aux différents techniciens (on ne parlera pas de la période Raouraoua) qui se sont succédés à son chevet et coupables à ses yeux de la descente aux enfers de «Fennecs» peu préparés à relever un quelconque défi africain. Tir et but. Plein dans le mille. Gooooooal. Dans la lignée des belles réalisations qu’il signera sur les terrains du Portugal et d’Europe. Aussi limpides que les propos qu’il vient de signer (merci pour la presse nationale) Outre-Manche. Sur les bords de la Tamise. Joli !

Mayday …
Des «Verts» en pleins doutes et cédant enfin sous les feux nourris de leurs fossoyeurs, les uns leur reprochant (c’était presque un «pêché» avant l’arrivée du même Madjer qui se rend compte soudain qu’il a une équipe constituée d’éléments à «100% Algériens» et qu’il n’y a plus lieu de ressasser l’éternel débat pros- locaux, ces derniers se préparant à évoluer, pour longtemps encore et à juste titre pour cause de niveau, dans l’ombre des expatriés contrairement aux anciens vœux de leur coach revenu apparemment à de meilleurs sentiments) leur bi-nationalité voire lieu de naissance, les autres de ne pas assez mouiller le maillot car débarquant avec, pour seul souci, les dividendes financiers et les «immenses» privilèges que leur offrira, en son temps, l’ancienne Faf dirigée par Raouraoua dont l’ombre plane toujours sur des lieux (les nombreuses réalisations surtout) cédant petit à petit sous une incompétence s’imposant au fil de rendez-vous administratifs (on ne dira pas scandales) manqués à l’arrivée d’une année de règne «zetchiste» que ce dernier reconnaît «difficile» et qu’on peut, pour notre part (c’est aussi l’avis des observateurs), qualifier de carrément ratée, la nouvelle équipe en charge de la gestion du ballon national n’en finissant pas de se chercher non sans accumuler les occasions ratées sur nombre de dossiers engageant la crédibilité d’une institution (c’en était une du temps de l’ancien BF avec une politique d’entrisme qui fera ses preuves au niveau de la CAF) aujourd’hui que le football algérien a perdu du crédit. Perdu beaucoup sur le plan de la représentativité, avec des Commissions (c’est tellement important) renvoyant l’image d’un vrai gâchis. L’impression que le bateau navigue à vue. Sans gouvernail. Sans de vrais chefs à bord. Madjer, en sélectionneur «averti» vient de marquer une petite «pause» somme tout naturelle. Pour dresser les premiers bilans des premiers rassemblements. Ou stages de préparation, c’est selon. Parler tout court. Déballer ses «vérités» et pas seulement car il lui fallait, selon toute vraisemblance, «crever l’abcès». En commençant par clarifier les choses avec une «certaine» presse de son pays qui le noie sous les critiques qu’il juge «mal placées». Croit mal intentionnées. Et la presse nationale, coupable de «lèse majesté» en aura pour son grade. Et pas mieux que des confrères étrangers (l’APS, zappée cette fois, aurait-elle, à son tour, quelque chose à se reprocher et figure donc parmi les indésirables ?) pour solder ses comptes. Régler leurs comptes à des plumitifs coupables de ne pas regarder ailleurs. Ne reconnaissant pas le passé glorieux d’une icône qui peine à élever le niveau, se perdant ainsi en conjectures ne faisant pas avancer le débat. Encore moins les affaires d’une sélection nationale sérieusement ébranlée. Eternellement prise en otage par ces illustres consultants dont lui-même faisait partie et devant assumer ses nombreuses sorties où il ne fera aucun cadeau à des joueurs qu’il croit aujourd’hui en mesure de l’aider à réaliser ses objectifs de prendre une belle revanche sur le sort et, plus gratifiant (ce n’est pas dans un esprit de « revanche» ?), sur ses détracteurs. Pour ne pas dire sur tout le monde, toute voix dissonante étant considérée un élément de plus à inclure parmi les tenants d’une «campagne de déstabilisation et de dénigrement» visant sa propre personne. Sinon comment interpréter ce SOS ou appel au public algérien auquel il dit (on cite) : «aidez-nous et n’écoutez pas les perturbateurs». Retour sur une sortie médiatique à valeur de confirmations. La principale étant que les ponts sont définitivement coupés entre un Madjer un peu trop suffisant et une presse accusée de tous les maux, coupable d’ «excès» d’irrespect à l’endroit d’une «légende» méritant meilleure considération. Qui écoutera cet appel au secours ? Le SOS est lancé. «Goalissimo» toutefois.
A. A.