Sissi

Il a menacé d’envahir la Libye dans un discours fait devant l’armée égyptienne : Al-Sissi met les pieds dans le plat

L’homme fort du Caire, arrivé au pouvoir en déposant le président Morsi, mort en prison, donne l’air d’être aveuglé par son soutien au maréchal Haftar, en guerre ouverte contre le Gouvernement d’union nationale, pourtant soutenu par la communauté internationale. Alger, qui reste à équidistance entre les deux parties, reste l’ultime chance de trouver une solution pacifique et concertée, avant que toute la zone ne s’embrase…
Décidemment, la crise libyenne n’en finit plus de s’aggraver. Le maréchal al-Sissi vient, en effet, de voler au secours du maréchal Haftar, en pleine déroute, en fixant une sorte de ligne rouge au Gouvernement d’union nationale : si celui-ci avance vers Syrte, l’armée égyptienne envahirait la Libye. Ainsi, et face à l’enlisement des forces de Khalifa Haftar en Libye, l’Egypte veut prendre le contrôle de la situation. En effet, le président Abdel Fattah Al-Sisi, allié des Etats-Unis, de la France et des pays du Golfe qui soutiennent Haftar, a menacé de mener une intervention militaire dans un pays frontalier. L’annonce de cette éventuelle intervention a été faite ce 20 juin par le président égyptien, lors d’une allocution tenue en marge d’une rencontre avec l’armée. “Il y a beaucoup d’activités dans la partie ouest du pays au niveau de la frontière avec la Libye”, a-t-il déclaré. Et de poursuivre d’un ton menaçant : “toutes les forces étrangères et leurs mercenaires doivent immédiatement quitter la Libye et toutes les milices doivent être désarmées”. Tout comme le général Haftar, le président égyptien joue la carte de la présence terroriste pour légitimer son intervention dans un pays étranger. “L’Egypte a toujours prôné la voie pacifique et le respect du droit international, mais ceci ne veut pas dire négocier avec les terroristes et les mercenaires qui sont importés (en Libye, ndlr) pour menacer la stabilité régionale et internationale”, a déclaré le successeur de Mohamed Morsi. Dans son discours, le président égyptien a tenté de calmer les Libyens. “Nous ne serons pas des envahisseurs, nous voulons tout simplement une Libye stable, en sécurité et développée”, martèle-t-il. Le président Sissi ira jusqu’à menacer Erdogan qu’il accuse, sans jamais le nommer, de “violer la souveraineté des pays arabes”. Il faut dire qu’Abdel Fattah Al-Sisi risque de ne pas avoir trop de difficultés dans sa nouvelle mission car il a obtenu, quelques heures après son allocution, le soutien de poids de l’Arabie saoudite. “Le royaume saoudien affirme son soutien au président de la République arabe d’Egypte sur ses remarques concernant le droit de sécuriser la frontière ouest contre le terrorisme”, a précisé un communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères publié ce 21 juin. Toutefois, malgré le soutien de taille de Riyad, Sissi risque de se retrouver dans une situation très difficile car si son intervention sert à baliser la voie du pouvoir à Haftar, elle suscite l’indignation du Gouvernement d’Union national basé à Tripoli et reconnu par l’ONU et la Turquie. Pour Tripoli, les menaces du président égyptien sont comparables à une déclaration de “guerre“. à suivre…
Kamel Zaidi