Le directeur général du Programme de santé mentale de Ghaza, le Dr Yasser Abou Jameï, alerte sur les conséquences psychologiques et sociales à long terme de la guerre sur les enfants du secteur.
Exposés de manière répétée aux déplacements, aux pertes, aux blessures, à la destruction de leurs habitations, à l’interruption de leur scolarité et à une insécurité permanente, ils font face à des traumatismes dont les effets pourraient se prolonger bien au-delà de la situation actuelle. Pour Abou Jameï, il ne s’agit plus seulement de répondre à une urgence humanitaire. La santé mentale des enfants de Ghaza constitue désormais un enjeu de long terme, avec le risque de voir les traumatismes affecter leur développement, leur capacité d’apprentissage, leurs relations sociales et leur adaptation à leur environnement. Le responsable met notamment en garde contre les conséquences de l’absence de prise en charge. Sans soutien psychologique et psychosocial adapté, les traumatismes vécus durant l’enfance peuvent laisser des séquelles durables et, dans certains cas, se répercuter sur les générations suivantes.
Une urgence qui s’inscrit dans la durée
Face à l’ampleur des besoins, Abou Jameï appelle à dépasser les interventions ponctuelles et à mettre en place une prise en charge durable. Celle-ci doit associer soutien psychosocial, services spécialisés de santé mentale, accompagnement des familles et mécanismes efficaces d’orientation des enfants nécessitant des soins spécifiques. Il insiste également sur la nécessité d’intégrer la santé mentale aux secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection de l’enfance. Pour lui, soigner les traumatismes ne suffit pas : les enfants doivent également pouvoir retrouver un environnement aussi sûr et stable que possible, reprendre leur scolarité et renouer avec une vie sociale.
«Protéger l’avenir d’une génération »
Le soutien aux parents et aux personnes qui prennent en charge les enfants constitue également un élément essentiel de cette réponse. Leur accompagnement peut renforcer la capacité des enfants à faire face aux traumatismes et à retrouver progressivement des repères. À travers ses interventions, le directeur général du Programme de santé mentale de Ghaza appelle ainsi à considérer la santé mentale comme une priorité de la réponse humanitaire. Reporter la prise en charge, avertit-il en substance, revient à laisser s’installer les conséquences psychologiques d’une crise qui touche toute une génération.
Des sources palestiniennes estiment que plus d’un million d’enfants à Ghaza ont aujourd’hui besoin d’un soutien psychologique et social, dans un contexte marqué par les déplacements, les pertes, l’interruption de l’éducation et la dégradation des conditions de vie. Pour Abou Jameï, l’enjeu dépasse donc la réponse à la crise actuelle : il s’agit de préserver les capacités de toute une génération à se reconstruire.
M. S.















































