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Un reporter dans la foule : La vente en ligne à grands pas

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Pourquoi, le sujet est-il intéressant ? La vente en ligne connaît, dans notre pays, une progression certaine. Une évolution qui suit la numérisation globale en cours en Algérie couplée à l’avènement de la 4G. Cette vente en ligne comprend deux volets distincts : le B2B (Business to Business) qui concerne le commerce entre entreprises et le B2C (Business to Consumer) qui désigne le commerce entre l’entreprise et le consommateur. C’est cette dernière catégorie de vente en ligne qui s’adresse à un public plus large, qui est notre sujet aujourd’hui. Un e-commerce informel à ne pas prendre péjorativement comme le marché noir qui a toujours parasité notre commerce. Pourquoi ? La première raison est qu’il agit en antidote à l’informel classique. Comment ? Les barons de l’informel, qui ont toujours sévit en Algérie, ne sont pas connus pour être de brillants informaticiens. Ce qui les exclut de fait du e-commerce qui les menace directement. Il suffirait d’une ou deux marques de l’envergure « d’Amazon » et « d’Ali baba »… La seconde raison tient au fait que les vendeurs en ligne sont exposés sur les réseaux sociaux et donc identifiables indépendamment du registre de commerce. Ils exercent en toute légalité même si le paiement « Cash on Delivery » c’est-à-dire le règlement en espèces à la livraison, échappe au contrôle fiscal. Ce qui n’est pas, dans ce cas de figure, illicite vu que lors du Conseil des ministres du 13 février 2022, le président Tebboune a décidé « …La suppression de tous les impôts et taxes sur le e-commerce, les téléphones portables, les matériels informatiques à usage personnel et les startup en se contentant des tarifications réglementées… ». Décision qui a été inscrite dans la loi de finances complémentaires pour 2022 et publiée le 4 août 2022. Cette décision présidentielle est en droite ligne de la politique de numérisation globale dans notre pays. De plus, la création d’emploi, directe et indirecte, est au rendez-vous au profit de notre jeunesse qui est une « génération higt-tech ». Contrairement aux anciens barons de l’informel qui manient mieux la calculatrice que l’Internet. Cette décision a été complétée lors du Conseil des ministres du 18 mai 2025 lors duquel le président Tebboune a «…ordonné la régularisation totale et définitive de la situation des jeunes exerçant dans le cadre de la micro-importation individuelle, tout en les protégeant à travers leur intégration dans le circuit formel du commerce extérieur pour leur permettre de tirer profit des avantages prévus par la loi relative à l’auto-entrepreneur… ». Des instructions rendues applicables par le décret exécutif n° 25-170 du 28 juin 2025. La vente en ligne est un prolongement naturel de la micro importation. Toutes ces facilités accordées par l’État au commerce en ligne ne dispensent pas d’un encadrement adéquat concernant la protection du consommateur et la conformité des produits proposés à la vente en ligne. Après avoir suivi attentivement ce nouveau secteur commercial avec ses différentes catégories (literie, vêtements, alimentation, meubles,… etc.) plusieurs remarques sont à faire. Bien qu’identifiables par nos services de sécurité cybernétique, les opérateurs en ligne mettent rarement leur adresse commerciale en ligne. En général, ils se contentent d’une vague localisation de la ville (qui reste à vérifier) et d’un numéro de téléphone portable moyen incontournable pour passer commande. Ce qui, pour le consommateur, n’est point rassurant. La présentation en ligne du produit se réduit à une photographie et à un tableau des mensurations (pour les produits d’habillement). Ni la texture, ni la coupe ne peuvent être présentés en images sur la toile. Ce qui donne lieu à des retours qui ont un coût assumé par l’opérateur. Ajoutons à cela qu’il n’est pas toujours commode de procéder à des essais lors de la livraison, sur le pas de la porte. L’unique solution est la rigueur que doit s’imposer l’opérateur dans la présentation du produit en termes de qualité, de tailles et de coupe. Quelques fois même de couleurs. L’exercice durable de ce commerce repose aussi sur la confiance du consommateur. Sauf qu’il est prématuré de dresser un bilan d’une activité qui n’a pas encore atteint son niveau de croisière. Cependant, les premiers signes, constatés de visu, sont prometteurs. Le nombre de livreurs sur deux roues qui se faufilent dans les embouteillages, en témoigne !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

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