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FORT TAUX D’ABSTENTION LORS DU RÉFÉRENDUM : Un résultat qui renvoie dos à dos islamistes, conservateurs et abstentionnistes

De la proclamation des résultats du référendum sur la Constitution est née une polémique qui pourrait s’installer durablement  dans la société. Le propos ici n’est pas de commenter le verdict des urnes, de faire une lecture politique des résultats ou une quelconque appréciation des taux annoncés par le président de l’ANIE.

Pour le profane, les résultats validés par l’Instance qui a présidé à la préparation et la gestion du vote et la proclamation du verdict des urnes ne sont pas, pour la première fois, triturés. La machine à frauder, qui avait fait les beaux jours de la Issaba semble s’essouffler et pour cette fois, malgré des réflexes qui ont la peau dure, elle n’a pas pu déjouer le système de surveillance mis en place par l’ANIE.
Certes, plusieurs paramètres ont influé sur l’issue du vote comme la pandémie, les appels au boycott, les restrictions encore en cours en matière de transport, une campagne référendaire menée par des résidus de la « Issaba », mais ce résultat, un fort taux d’abstention, semble être la conséquence du «trop de vote, tue le vote ».
L’Algérien, habitué à des résultats fabriqués au gré des intérêts de l’heure, a commencé depuis des années à se détourner de l’acte de voter. La forte abstention est finalement la somme de plusieurs facteurs que les sociologues et les politiciens se doivent d’analyser pour en tirer les conclusions, qui pourraient servir de base de travail pour les prochains rendez-vous électoraux. Ce taux renvoie également dos à dos les partisans du boycott, ceux qui ont appelé à voter non, et ceux qui se sont acquittés de l’acte de voter sans saisir les nouveautés introduites par la mouture de la Constitution soumise au référendum.
Aucun courant ne peut se targuer d’avoir défini son territoire par ce résultat. Les islamistes radicaux ou modérés, les modernistes, les conservateurs qualifiés sous le vocable de forces de l’inertie, ou même les sans opinion, sont tous désorientés par le taux d’abstention qui ne reflète aucun de ces courants. Quelle lecture faire alors du refus de près de 77% d’Algériens de se rendre aux urnes ?
Mais, indéniablement, ce qu’il y a lieu de retenir de ce dernier référendum est la mise à mort de la machine à frauder qui s’est retrouvée hors-jeu. Cela traduit que l’atout principal qui avait fait les beaux jours de la Issaba s’est retrouvé inopérant.
Les premières mesures qui semblent urgentes, à l’heure actuelle, est la poursuite de l’assainissement de l’administration publique à l’échelle locale. Paralysée par la forte mobilisation de la société et de l’ANIE, la machine à frauder, qui était bien implantée au niveau des collectivités locales, a perdu de son mordant. Il s‘agit maintenant de poursuivre le travail pour assainir tous les rouages de la machine qui « fait le vote » et qui avait usé et abusé de ses attributions au point de susciter la désaffection des Algériens pour tout rendez-vous électoral.
Slimane Ben