Vaccination

COVID-19 : La vaccination n’a toujours pas atteint ses objectifs

Alors que l’Algérie est en train de faire face à une troisième vague dangereuse et mortelle de la pandémie de Covid-19, la campagne de vaccination lancée en janvier dernier, bien qu’elle touche en ce moment plus de monde, reste toutefois en deçà des objectifs fixés.

En effet au moment où les spécialistes du secteur de la Santé, les membres du comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie, ainsi que les responsables de l’Institut Pasteur, multiplient les appels sur la nécessité de l’accélération de la vaccination contre le covid-19, l’opération n’a encore pas atteint les résultats voulus. Au 30 juillet dernier, 3,5 millions de personnes seulement ont été vaccinées depuis l’entame de l’opération en fin janvier 2021. Selon les services du Premier ministère, il s’agit au total de
3 421 279 personnes vaccinées, dont, 2 696 467 personnes ont reçu la première dose de vaccin, tandis que 724 812 personnes ont reçu la deuxième dose de vaccin.
À propos de l’acquisition des doses de vaccins, les mêmes services ont indiqué qu’un total de 9 273 200 doses a été acquis à fin juillet 2021, alors que les prévisions pour le mois d’août sont arrêtées à 8 200 000 doses du vaccin Sinovac, 758 000 doses d’Astra Zeneca (dans le cadre Covax) et 650 000 doses de Sputnik V. Pour ce qui est du mois de septembre 2021, la même source affirme qu’il est prévu l’acquisition de
5 000 000 doses du vaccin Sinovac, en attendant le lancement de la production nationale de ce vaccin chinois prévue au mois de septembre prochain avec une quantité mensuelle de
2 500 000 doses. Il est à souligner que même si l’opération de vaccination arrive aujourd’hui à avancer, celle-ci, rappelle-t-on, s’était complètement stagnée au cours des premiers mois de son lancement pour plusieurs raisons. Outre les retards accusés dans la réception des doses commandées, la campagne n’attirait pas de monde à cause des réticences et des craintes exprimées par la population faute d’une bonne communication autour du vaccin. Mais une fois que la situation s’est nettement améliorée avec l’arrivée de quantités conséquentes de doses de vaccins, suivie d’une prise de conscience des citoyens sur la nécessité de se faire vacciner, le problème de l’organisation et de la gestion de cette opération s’est considérablement posé notamment dans la capitale.

80 à 90% pour aspirer à l’immunité collective
Face à la demande et à l’afflux grandissant, les centres dédiés à cette opérations sont très mal gérés et n’ont pu répondre à la demandé, ce qui a donné lieu à des files interminables de personnes, souvent pointé sous une chaleur de plomb et sans le moindre respect des gestes barrières. Une situation qui a dissuadé bon nombre à abandonner l’idée de prendre son injection. Un autre problème s’est également posé, à savoir, l’injection de la deuxième dose du vaccin que beaucoup de centres refusent de faire quand la personne a reçu sa première dose ailleurs. Faut dire que ce sont autant de problèmes qu’il faut absolument solutionner puisque aujourd’hui la vaccination est le seul moyen permettant de faire reculer le taux de contamination mais surtout le nombre de décès qui a gravement augmenté ces dernières semaines suite à la propagation du variant Delta.
Si l’on arrive à atteindre l’immunité collective, qui ne peut se faire qu’avec la vaccination de 80 à 90% de la population, ceci permettra d’alléger considérablement les impacts et les conséquences de la situation critique actuelle, à partir de septembre et d’octobre prochains marquant la rentrée sociale. Une démarche qui est tout à fait faisable pour un pays comme l’Algérie, sachant que la Tunisie, qui fait face à des problèmes économiques, politiques et sociaux des plus complexes, a pu vacciner 6 millions de personnes en deux semaines seulement.
Ania Nch