Accueil LA CHRONIQUE DU JEUDI Un reporter dans la foule / Harkis : un patrimoine génétique ?

Un reporter dans la foule / Harkis : un patrimoine génétique ?

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Au moment où notre pays est ciblé par divers milieux hostiles, au moment où des organisations terroristes comme Rachad et le MAK recrutent parmi ceux qui nous haïssent le plus, au moment où il est question de renforcer notre front intérieur, au moment où 64 ans après leurs crimes, les harkis rejoignent l’au-delà, il est utile de vérifier si cette source du mal se tarit réellement ou se transmet tel un patrimoine génétique. Comme chaque 25 septembre, vendredi dernier, dans plusieurs régions de France a eu lieu la « Journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives » instituée par décret en 2003. Plus récemment, en 2022 une loi française a créé un organisme, le CNIH, pour indemniser les harkis et supplétifs de la guerre d’Algérie.
En prenant connaissance du « Bilan de la commission de réparation du 16 septembre 2026 » on se rend compte que les indemnisés de la 2ème génération sont 10 fois plus importants que ceux de la 1ère génération. Ce qu’en d’autres termes on pourrait classer comme « des ayants droits ». C’est-à-dire les descendants. Il apparaît dès lors que, du point de vue du droit français, la trahison est un patrimoine transmissible de père en fils. D’ailleurs cela se confirme à la lecture détaillée du même bilan de « la commission de réparation » que « l’âge moyen des demandeurs indemnisés est de 65 ans et 5 mois ».
C’est-à-dire qu’à la fin de la Guerre d’Algérie, le 5 juillet 1962, les indemnisés étaient des bébés âgés d’une année et demi. Ce sont donc les héritiers des harkis. Il s’agit là d’un problème de fond, puisque chez nous et pendant longtemps on a considéré que les enfants de harkis n’endossaient pas automatiquement la trahison de leurs parents. La législation française vient nous prouver que nous serions en pleine erreur de continuer à penser que, génétiquement, la perfidie ne se transmet pas. À titre d’exemple en prenant seulement le cas du Bachagha Boualem qui était à la tête des harkis dans la région de Chlef. La France donne le chiffre de 1500 hommes qu’il avait recruté et armé contre l’ALN.
Il fut rejoint dans sa fuite à Mas-Thibert, en France par la moitié d’entre eux. Un chiffre minoré puisque le « Front de l’Algérie française » qu’il dirigeait en 1960 comptait bien plus d’« indigènes ». Nul besoin de faire le calcul de ceux qui n’ont pas réussi à le rejoindre en France. Dans les images des rassemblements qui ont eu lieu le 25 septembre dernier, beaucoup de participants avaient « toutes leurs dents » et pas un seul cheveu blanc. Il faut savoir aussi que l’histoire des harkis fait partie du programme scolaire français. Lors des commémorations les élèves des établissements scolaires environnants participent à la cérémonie. Il faut rappeler aussi que la France ne voulait en aucun cas recevoir les harkis en 1962. Elle les avait abandonnés à leur sort purement et simplement. Certains ont pu, par leurs propres moyens rejoindre l’hexagone où ils furent parqués dans des camps désaffectés comme des animaux.
Les plus célèbres furent « Rivesaltes », « Bias », « la cavalerie », etc. Après 4 décennies de rejet et de mépris des harkis, l’équivalent de leurs collabos lors de l’occupation allemande de la France, cet intérêt tardif n’est certainement pas innocent. Il existe un « échantillon » des réactions de leurs enfants qui eux-mêmes ont vécu et grandi dans la souffrance et la misère des camps. Malgré tout ce qu’ils ont enduré, la plupart d’entre eux restent fortement attachés à la France. Une fille de harki, Dalila Kerchouche, devenue journaliste, a écrit un livre intitulé simplement « Mon père, ce harki ». Elle a tenté de le réhabiliter en invoquant la misère qui l’aurait poussé à s’enrôler dans l’armée française pour combattre les moudjahidine. S’il est bien écrit, le livre suinte de mauvaise foi car tous les Algériens vivaient dans la misère imposée par le colonialisme. Et c’est précisément cette misère et cette indignité qui a poussé les Algériens à se révolter et prendre les armes contre l’occupant. Ceci pour dire que les enfants ne sont jamais neutres. Il est rare, sinon impossible qu’un enfant ne se solidarise avec ses parents. Un postulat qui doit être pris en considération dans l’élaboration d’une stratégie de renforcement du front intérieur !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

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