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LA GRÈVE DE LA FAIM RAVIVE LES ALERTES SUR LEURS CONDITIONS DE DÉTENTION : « Sauvons la vie des prisonniers de Gdeïm Izik » 

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La situation des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeïm Izik suscite de nouvelles inquiétudes après le déclenchement, le 23 septembre, d’une grève de la faim illimitée dans plusieurs prisons marocaines. 
Les revendications portent notamment sur les conditions de détention, le rapprochement des prisonniers de leurs familles et la mise en œuvre des recommandations émises par les mécanismes des Nations unies. Selon l’Association de protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, les autorités pénitentiaires auraient, en réponse à cette mobilisation, pris une série de mesures punitives à l’encontre des détenus, notamment des transferts vers différents établissements et des restrictions concernant les communications et les visites familiales. Parmi les cas signalés figure celui de Naâma Asfari, transféré le 23 septembre vers une prison de Marrakech sans que sa famille en ait été préalablement informée. Bachir Khadda a également été transféré de la prison de Tiflet 2 le 24 septembre, son arrivée dans la ville occupée d’El Ayoune ayant été confirmée ultérieurement. Le sort de Hassan Dah est, pour sa part, resté incertain pendant plusieurs jours, alors que des informations faisaient état de mauvais traitements lors de son transfert. L’Association affirme également que les communications téléphoniques avec plusieurs détenus en grève de la faim ont été interrompues. Des familles auraient, par ailleurs, été empêchées de rendre visite à leurs proches, malgré des déplacements de plus de 1.200 kilomètres pour se rendre notamment à la prison de Kénitra.

L’état de santé des détenus au centre des inquiétudes
Neuf prisonniers du groupe de Gdeïm Izik ont entamé cette nouvelle grève de la faim le 23 septembre. Selon le Service international pour les droits de l’Homme (ISHR), Naâma Asfari et huit autres détenus poursuivent cette mobilisation, tandis que l’un des prisonniers avait déjà dû interrompre son mouvement en raison de la dégradation de son état de santé. Mohamed Bani a notamment été transféré vers l’unité médicale de la prison d’Aït Melloul 2 après une détérioration de son état de santé, selon les informations communiquées par l’Association. La mobilisation actuelle intervient quelques mois après une première grève de la faim menée par Naâma Asfari. Le défenseur sahraoui avait observé une grève de 47 jours, du 8 juin au 24 juillet 2026, avant de la suspendre à la suite d’une visite d’une délégation de l’administration pénitentiaire marocaine. Celle-ci se serait engagée à examiner notamment la question de son transfert vers un établissement plus proche de sa famille.
Le nouvel épisode de protestation intervient alors que les organisations de défense des droits humains demandent l’application des décisions et recommandations des mécanismes onusiens concernant les détenus de Gdeim Izik. L’ISHR a ainsi exprimé, le 1er octobre, sa « profonde préoccupation » concernant la santé et la sécurité de Naâma Asfari. Selon sa famille, celui-ci a confirmé lors d’un appel téléphonique le 29 septembre son transfert vers une prison de Marrakech et la poursuite de sa grève de la faim. L’organisation appelle les autorités marocaines à prendre des mesures urgentes afin de protéger sa vie et son intégrité physique.
L’ISHR rappelle également qu’en mai 2026, le Comité des Nations unies contre la torture avait réaffirmé ses conclusions concernant les détenus liés au camp de Gdeïm Izik, faisant état, dans ses décisions, d’allégations de détention arbitraire, d’isolement cellulaire, de torture ou de mauvais traitements durant les interrogatoires et de recours à des aveux obtenus sous la contrainte. Face à cette situation, l’Association de protection des prisonniers sahraouis appelle la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de clarifier le sort des détenus dont la situation demeure incertaine, garantir leur accès aux soins et enquêter sur les allégations de mauvais traitements.

Greta Thunberg soutient la cause sahraouie
Cette nouvelle mobilisation autour de la question sahraouie intervient parallèlement à une mise en lumière de la cause sahraouie au Festival du film de Zurich. La militante écologiste suédoise Greta Thunberg a participé, mercredi, à une table ronde consacrée à la résistance et à l’activisme pour le Sahara occidental, organisée dans le cadre du Zurich Film Festival (ZFF). La rencontre s’est tenue au lendemain de la première mondiale du documentaire My Home of Wind and Sand, réalisé par Patrick Wally. Le film retrace, sur une période d’une dizaine d’années, le parcours de la militante sahraouie Najla Mohamed Lamin, née dans un camp de réfugiés sahraouis.
La rencontre a réuni la protagoniste, le réalisateur et Greta Thunberg autour des questions liées à la cause sahraouie, à l’environnement et à la justice sociale. Greta Thunberg avait déjà effectué une visite dans un camp de réfugiés sahraouis en 2025. Depuis, elle met en avant les liens qu’elle établit entre la question sahraouie, les enjeux environnementaux et la justice sociale. À Zurich, son intervention a ainsi contribué à replacer la question du Sahara occidental dans le débat public international, à travers le cinéma et le militantisme. Le documentaire de Patrick Wally constitue, à cet égard, un témoignage consacré au parcours de Najla Mohamed Lamin et à son engagement en faveur de la cause sahraouie, des droits des femmes et de la protection de l’environnement.
Alors que les prisonniers de Gdeïm Izik poursuivent leur mobilisation dans les prisons marocaines, ces initiatives témoignent de la persistance de la question sahraouie dans les espaces militants, culturels et internationaux.
M. Seghilani

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