Grève de la fonction publique, mobilisation lycéenne et estudiantine, la France a renoué cette semaine avec les traditionnelles manifestations de contestation et de ras-le-bol des politiques de deux mandats présidentiels d’Emmanuel Macron ayant précipité la chute continue du pouvoir d’achat, creusé le déficit et le recul du service public, notamment dans deux secteurs clés, celui de la Santé et de l’Education.
Pour des observateurs de la scène française la mobilisation ne va que s’amplifier et la contestation se multiplier en raison de la crise économique dans laquelle est plongé le pays, inflation, surendettement qui seront le moteur politique de la présidentielle du printemps que sa campagne a déjà commencé. Les Français en grève, défilant dans les rues, banderoles au vent et mégaphone en main et les images et les vidéos ont et continuent de faire le tour du monde notamment au sein de l’UE, ou la France a beaucoup perdu de son rôle de leader, au moment ou l’Espagne et l’Italie connaissent une croissance et la prise de décisions en faveur de larges couches, pour preserver le pouvoir d’achat du citoyen, contrairement à la France. Cette semaine n’a pas fait exception. Le 29 septembre, c’était la grève de la fonction publique et en cause, un autre casse-tête, le projet de loi de finance pour l’année 2027, dans lequel il a été décidé, le gel du point d’indice impactant directement les salaires pour l’année 2027. Ce qui signifie que les fonctionnaires verront leur pouvoir d’achat davantage diminuer d’autant que sera forte l’inflation, en plus des lourdes conséquences sur le budget des français de l’envolée des prix de l’énergie et du carburant .
La quasi-totalité des syndicats appelait à une grande mobilisation
Sur les dix dernières années, le pouvoir d’achat représenterait une baisse de 16 %, soit l’équivalent d’un manque à gagner de 327 euros par mois pour un agent de catégorie C et de 635 euros pour un agent de catégorie A. Une dégradation qui oblige l’État à verser des indemnités différentielles à certains agents des premiers échelons, dont la rémunération est désormais inférieure au minimum légal. Même si les fonctionnaires restent encore majoritairement (et par inertie) perçus comme « des privilégiés » par une grande partie de la population, la situation doit malgré tout interpeller, notamment aux autres salariés La quasi-totalité des syndicats appelait donc à une grande mobilisation, avec plus de 190 manifestations organisées à travers la France. Résultat : entre 200 000 et 300 000 manifestants ont occupé, les rues et les boulevards à travers le pays, dont la capitale, Paris. Notons que 5,8 millions de fonctionnaires en France et des taux de grévistes inférieurs à 10 %. D’une manière générale, le maximum de grévistes atteint ces dernières années était de 18 %, en décembre 2024. En parallèle, à leurs parents et grands parents, les retraités qui eux aussi en colère contre les nouvelles mesures contenu dans le nouveau budget, vient s’ajouter la mobilisation grandissante, lycéenne et estudiantine, rappelant un certain Mai 68, dans la colère, lequel mouvement de mobilisation a été parasité par des casseurs, un autre classique français. Résultat, en une journée de mobilisation mardi, 440 interpellations, près de 80 blessés (forces de l’ordre, élèves et personnels confondus) et environ un million d’euros de dégâts rien qu’en Île-de-France, mardi. Quasiment le double le lendemain mercredi.
la vie politico-sociale au rythme de la contestation populaire
Dans les faits, le dernier mouvement social notamment des jeunes a imposé le retrait d’un projet qui remonte, à 2006, sous la présidence de Jacques Chirac, qui a fini par cèder à 4 mois de mobilisation populaire massive et retirer le CPE (contrat première embauche destiné aux jeunes). Sous la presidence de Nicolas Sarkozy dès l’année suivante, en 2007, voulant réformer les régimes spéciaux de retraite, il ne cède pas face à la grève dans les transports et les cheminots finissent par reprendre le travail et la loi passe. Une méthode confirmée en 2010 avec la réforme générale des retraites. Malgré 3,5 millions de manifestants revendiqués par les syndicats lors des plus fortes journées de mobilisation, Sarkozy va au bout et fait adopter la loi. Des années plus tard, la mobilisation populaire spontanée des gilets jaunes qui a gagné d’autres catégories malgré son ampleur et sa durée n’a pas vu ses revendications aboutir et la répression massive du mouvement citoyen et le rôle de certains acteurs politiques, en deçà de la mobilisation populaire a fini étouffer de la colère. Le mouvement pour rappel a commencé en 2018 alors que le gazole avoisinait 1,46 euro le litre et aujourd’hui le prix dépasse largement les 2 euros. Notons que seuls 5 % des moins de 30 ans sont syndiqués, ce qui donne une idée claire de l’évolution à venir, notamment en matière de la radicalisation de la contestation et la mobilisation populaire.
R. I.















































