UNE COORDINATION SAHRAOUIE ALERTE SUR L’ÉTAT DE SANTÉ DE NEUF GRÉVISTES DE LA FAIM : Les prisonniers de Gdeïm Izik en danger

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La Coordination des associations sahraouies du Centre-Ouest de la France a exprimé, jeudi, sa «profonde inquiétude » quant à la situation de neuf prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeïm Izik, en grève de la faim illimitée depuis le 23 septembre dans plusieurs prisons marocaines, selon un communiqué de la Coordination.
Les neuf prisonniers sont détenus dans les établissements pénitentiaires de Kénitra, Tiflet et Aït Melloul. Ils réclament notamment la mise en œuvre des décisions rendues par les mécanismes des Nations unies concernant leur situation, précise le communiqué. La Coordination rappelle que les prisonniers du groupe de Gdeïm Izik avaient été arrêtés à la suite du démantèlement, en novembre 2010, du camp de protestation installé à proximité de la ville d’El-Ayoune, dans les territoires sahraouis occupés. Dix-neuf prisonniers demeurent détenus depuis près de 16 ans. Selon la même source, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire avait considéré leur détention comme arbitraire et appelé à leur libération. La Coordination fait également état de décisions du Comité des Nations unies contre la torture concernant ces détenus.

Des revendications liées aux conditions de détention
Les grévistes de la faim demandent notamment l’application des décisions des mécanismes onusiens, leur transfert vers des établissements pénitentiaires plus proches de leurs familles au Sahara occidental, ainsi que la fin de l’isolement cellulaire et des restrictions qui, selon la Coordination, entravent leur accès aux soins médicaux. Ils réclament également la fin des mauvais traitements qu’ils disent subir dans les prisons marocaines. La Coordination affirme, par ailleurs, que des mesures de représailles auraient été prises depuis le début de la grève de la faim. Elle fait état de la coupure des communications téléphoniques de plusieurs détenus, du transfert de certains prisonniers vers d’autres établissements ainsi que de restrictions concernant leur accès à l’eau. Elle indique également que des membres des familles des prisonniers, après avoir parcouru près de 1.200 kilomètres depuis le Sahara occidental jusqu’à la prison de Kénitra, auraient été empêchés de leur rendre visite le 28 septembre, sans obtenir d’informations sur l’état de santé de leurs proches.

Appel à une intervention internationale
La Coordination des associations sahraouies du Centre-Ouest de la France estime que l’état de santé des grévistes suscite une « profonde inquiétude », notamment en raison de leurs longues années de détention, de leur état de santé et des précédentes grèves de la faim observées par certains d’entre eux. À l’approche de la session d’automne du Conseil des droits de l’Homme et alors que le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) arrive à échéance le 31 octobre, la Coordination appelle les autorités marocaines à garantir la vie, la santé et la dignité des grévistes, ainsi qu’à rétablir les communications téléphoniques et les visites familiales. Elle appelle également la France, les États concernés et les institutions des Nations unies à intervenir auprès du Maroc. Elle demande, en outre au Conseil de sécurité, d’élargir le mandat de la Minurso afin d’y intégrer un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme. La Coordination renouvelle enfin son appel à la libération de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeïm Izik et invite la presse, les élus et la société civile française à se mobiliser en faveur des détenus sahraouis.
M. S.