Tebboune donne une leçon de géopolitique  

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Pourquoi l’Algérie a envoyé des avions de chasse au Niger ? C’est la question que se posent nos détracteurs. Il y a ceux qui craignent, à tort ou à raison, les conséquences de cette décision et ceux qui entretiennent insidieusement l’amalgame sur la question. Mais les deux doivent retenir une chose et répondre d’eux-mêmes à la question suivante : l’Algérie doit-elle se culpabiliser d’avoir prêté assistance à un voisin nigérien en danger qui l’a sollicitée pour contrecarrer une tentative de déstabilisation qui visait ce pays ? Qu’ils respectent d’abord la décision souveraine du Niger. Viendra, naturellement après, l’Algérie. Pour les mémoires courtes, les chasseurs de type Sukhoi Su-30 de l’Armée nationale populaire déployés à Niamey sont une assistance militaire et non pas une opération de forces fomentées dans des officines étrangères en réponse à des agendas occultes. On l’a vu : les résultats de la stratégie des interventionnistes sous couvert de la lutte contre le terrorisme étaient un échec patent. Aujourd’hui, des acteurs étrangers derrière des plans sournois en gestation dans la région s’attendent à ce que l’Algérie croise les bras et observe, avec une neutralité passive, et, pire, applaudisse ces plans de déstabilisation à quelques encablures de ses frontières et assiste, sans bouger le petit doigt, devant une injustice subie par un voisin ? L’Algérie n’est pas un spectateur. Son statut de puissance régionale n’est plus à démontrer. Ces parties hostiles ont profité d’une brèche ouverte à un moment donné pour tenir notre pays à l’écart. L’Algérie a pris connaissance de la manœuvre, elle a fermé le jeu et elle a neutralisé le sale jeu. Elle ne mange pas de ce pain-là. Même au plus fort des tensions diplomatiques avec nos voisins malien et nigérien, le président Abdelmadjid Tebboune a alimenté une patience stratégique à leur égard. Cette position ne manquera pas de désarmer les forces qui manipulent pour creuser le fossé. L’Algérie n’abandonne jamais ses frères. Elle ne complote pas contre eux en s’alliant avec les puissants. Notre pays a jugé utile de revoir sa doxa militaire pour l’adapter aux impératifs sécuritaires et aux mutations géopolitiques en cours ? C’est à lui seul que revient le droit de l’appliquer en toute souveraineté comme il l’entend. Il ne risque pas d’être entraîné dans les guerres par procuration. L’Algérie a versé beaucoup de sang et a payé chèrement son indépendance pour comprendre les aspirations des peuples à la liberté, à l’indépendance et à la souveraineté de décision, loin de toute immixtion étrangère dans leurs affaires intérieures. Autant tirer immédiatement les choses au clair. Le président Tebboune a crevé l’abcès. Si l’Algérie a envoyé des chasseurs au Niger, c’est parce qu’elle est au fait des provocations qui l’ont visée après s’être réconciliée avec ses voisins. Après tout, il s’agit de défendre les intérêts vitaux du pays dans une région qui représente sa profondeur stratégique. Ceux de nos voisins aussi y font naturellement partie.

Farid Guellil