Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies tiendront jeudi prochain des consultations à huis clos sur la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO. Ils écouteront deux exposés, présentés par l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, et le Représentant spécial du secrétaire général et chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, a indiqué le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Omar, dans une déclaration à l’Agence de presse sahraouie (SPS).
Le diplomate sahraoui a rappelé que le règlement juste et durable du conflit au Sahara occidental passe par la garantie du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, à travers un référendum libre et transparent. Il n’a pas manqué de saluer le soutien important à la cause sahraouie exprimé lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, soulignant que le secrétaire général des Nations unies avait confirmé, dans son dernier rapport, que les instances onusiennes compétentes continuaient de traiter la question du Sahara occidental comme une question de décolonisation. À propos de la récente rencontre entre une délégation sahraouie et le représentant permanent des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, Sidi Mohamed Omar a expliqué que cette réunion s’inscrivait dans le cadre du dialogue permanent avec les membres du Conseil de sécurité et Washington, en sa qualité de porte-plume concernant la MINURSO. La délégation sahraouie a réaffirmé, lors de cette rencontre, son attachement au processus politique des Nations unies, tout en rejetant toute proposition allant à l’encontre des aspirations légitimes du peuple sahraoui ou visant à légitimer l’occupation marocaine, a-t-il ajouté. Le règlement de la situation des réfugiés sahraouis demeure directement lié à la fin de l’occupation militaire marocaine qui a provoqué leur déplacement en 1975, a insisté Sidi Mohamed Omar. La chaîne 3 de la Radio algérienne a consacré, hier, son émission débat politique à la cause sahraouie et a fait intervenir Saïd Ayachi, président du Comité national algérien de soutien au peuple sahraoui, Estéban Silva Cuadra, président de l’association chilienne de solidarité avec le Front Polisario, et le Dr Abderrahmane Hadef, expert en géoéconomie, développement économique et transformation numérique. Saïd Ayachi a commencé par rappeler les récents propos de Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, qui contredit le discours triomphaliste du Makhzen. Il fait constater que la partie américaine attend une réponse du Front Polisario sans le presser, contrairement aux pressions exercées par le Makhzen pour précipiter les choses. Saïd Ayachi rappelle également que pour Massad Boulos, l’Algérie aide et contribue à la recherche d’une solution. Pour Esteban Silva Quadra, les propos de Massad Boutros traduisent la reconnaissance des limites de la stratégie marocaine du fait accompli. Il note que la question sahraouie reste ouverte. En fait, observe-t-il, c’est un rappel à la réalité. Il estime que la négociation ne peut nier le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui consacrée par la résolution des Nations unies. Aucun résultat n’est fixé d’avance, fait constater Esteban Silva Cuadra. La solution viendra par des négociations entre le Front Polisario et le Maroc, confirme Saïd Ayachi qui cite Massad Boulos et rappelle également les propos du ministre algérien des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf. En effet, ce dernier, dans une allocution prononcée lors de la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, a réaffirmé «la position de principe de l’Algérie en faveur du droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination ». Pour sa part, le Dr Abderrahmane Hadef a évoqué la géoéconomie de la région riche en ressources, et véritable carrefour. Il a fait constater que l’Algérie est une puissance régionale avec laquelle il faut composer, les manœuvres de l’entité sioniste et des Émirats sont vaines, a-t-il affirmé.
M’hamed Rebah

