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CE QUE LE MONDE ENTIER RECONNAIT À L’ALGÉRIE : Une terre d’asile, de fraternité, de pardon et du vivre ensemble 

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Au-delà de son caractère diplomatique et religieux, la visite du Pape en Algérie traduit une reconnaissance du Saint-Père du rôle de l’Algérie, terre de dialogue, du vivre ensemble, de la tolérance et de l’amitié entre les différentes religions.  Aujourd’hui, personne ne peut nier le rôle joué par l’Algérie depuis des siècles. Elle a toujours ouvert ses bras aux peuples et aux communautés persécutés. Au lendemain de la chute de l’Andalousie, les juifs et les musulmans qui fuyaient les affres de l’inquisition menée par Tomás de Torquemada (1420-1498), avaient trouvé refuge en Algérie. Ce dernier nommé grand premier inquisiteur en 1483, avait mis en place des tribunaux spéciaux qui traquaient impitoyablement les Juifs et les Musulmans et les envoyait au bûcher. L’histoire retiendra que les émigrés Andalous s’étaient installés en Algérie où ils vécurent leur foi dans un vivre ensemble reconnu qui a permis le brassage avec les populations autochtones. Plus loin dans le temps, saint Augustin (354-430) fusionne la foi chrétienne et la philosophie platonicienne, centrée sur la quête de Dieu et une théologie du cœur où l’amour de Dieu ordonne l’existence. Sa philosophie reposait sur l’amour de Dieu, l’amour de son prochain et sur le principe du « Aimes et fais ce que tu veux», comme le préconise sa maxime « La charité comme guide moral ».

La visite du Pape en Algérie, jettera de nouveaux ponts entre les religions dans un monde marqué par des événements tragiques qui ont attisé les haines et donné l’occasion aux extrémismes de prospérer. Il faut rappeler, dans ce cadre, que la Journée internationale du vivre-ensemble en paix est célébrée chaque année le 16 mai. Instituée par l’ONU en 2017 à l’initiative de l’Algérie, cette journée invite à promouvoir la tolérance, l’inclusion et la solidarité pour bâtir un monde pacifique, uni dans la diversité. Cette initiative était propre au guide spirituel et spécialiste du soufisme et guide de la Tariqa Alaouya, Cheïkh Khaled Bentounes, soutenu par l’Algérie. C’est une véritable œuvre qui consacre la stature de l’Algérie de terre qui unit, qui protège et qui ouvre ses bras à tous ceux qui voudraient y vivre en paix. Et les exemples de tolérance de vivre ensemble, d’amour de son prochain sont légion dans l’histoire de l’Algérie.

En 1860, lors des émeutes de Damas, l’Émir Abdelkader, qui était en exil en Syrie, accompagné de ses gardes, était intervenu pour sauver plus de 1 500 personnes chrétiennes, les hébergeant chez lui et dans la citadelle au nom des principes islamiques de protection. Ce geste avait d’ailleurs valu la reconnaissance de la stature de l’Émir, au point où les États-Unis baptisèrent une ville à son nom. Durant la guerre mondiale, à la mosquée de Paris Kaddour Benghebrit, avait sauvé de la déportation près de 600 des juifs en leur fournissant de faux certificats de confession musulmane et des refuges.  Durant la période de la France de Vichy, un décret avait proposé aux Algériens indigènes le droit de s’approprier les biens des juifs d’Algérie contre leur dénonciation.

Et plusieurs témoignages de juifs d’Algérie qui avaient rapporté ces faits ont affirmé qu’aucun Algérien musulman indigène n’avait franchi ce pas. « Bien au contraire, ils nous avaient permis de vivre dans leurs quartiers et de nous protéger contre les rafles de la police française collaborationniste », ont affirmé plusieurs juifs. Un autre fait, et il n’est pas isolé, est le cas de Pierre Ghenassia (1939-1957), surnommé « El-Hadj », qui était un jeune lycéen communiste d’origine juive algérienne engagé dans la guerre d’indépendance au sein du FLN. Ce fut un exemple du vivre ensemble et du sacrifice pour cette Algérie qui conserve en son sein les restes d’Algériens issus de religions diverses qui ont appris à l’aimer et qui ont exigé, dans leurs dernières volontés comme Roger Hanin entre autres, d’être enterrés dans ce pays de tolérance, de fraternité et où l’amour de l’autre n’est pas un vain mot. Et c’est ce qui explique dans une large mesure le choix du pape de visiter l’Algérie qui devient chaque jour un peu un modèle de dialogue et un partisan de la paix dans le monde, aujourd’hui menacée par l’esprit belliqueux des grandes puissances qui ont foulé aux pieds le droit international et toutes les barrières de la morale humaine et religieuse.

Slimane B.      

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