Casbah de Béjaïa

Casbah de Béjaïa : Réouverture au grand public cet été

La Casbah de Béjaïa, une citadelle du moyen-âge construite en plein cœur de la ville, fermée depuis plus d’une décennie à cause de travaux de restauration, va rouvrir ses portes au grand public dès cet été, a-t-on appris dimanche auprès de la direction de la Culture et des Arts. « Nous sommes au stade des procédures en rapport avec les adjudications et dès que ça sera fait, nous allons ouvrir la Casbah de Béjaïa au public », a indiqué à l’APS le directeur de la Culture et des arts, M.Reghal. Ce même responsable a souligné que cette démarche ne saurait aller au-delà de quelques semaines, d’autant qu’une expérience analogue a été tentée avec succès en 2019. à cette date, l’édifice s’est ouvert au public quatre mois durant, de juin à septembre, et a dû battre tous les records de visite, avec un flux quotidien de pas moins de 2000 visiteurs. D’où l’idée, du reste, d’en faire profiter à nouveaux les estivants qui vont affluer vers Bejaia. En fait, le monument constitue l’ouvrage le plus emblématique de la ville, non seulement à cause de son amplitude s’étalant sur 10 hectares, mais surtout en raison de sa charge historique, ses racines remontant jusqu’au 12ème siècle, vers 1154, et se consolidant au travers d’innombrables évènements, notamment l’occupation Espagnole en 1510, la régence Turque et Ottomane, qui a duré trois siècles et enfin la colonisation française, dont le passage à cet endroit, y a laissé des traces indélébiles. Antérieurement, durant la période Romaine, l’endroit a fait office de lieu d’habitation des citadins, rapporte le président de la société savante « Gehimab », Jamil Aissani, citant à ce titre plusieurs vestiges retrouvés, dont des amphores et des citernes d’eau, estimant ainsi que « la citadelle dans son ensemble est un véritable concentré d’histoire ». Dans son architecture actuelle, le monument est d’apparence espagnole avec ses murs surélevés, ses tourelles, ses bastions et la présence intacte d’un patio à son entrée, tous caractéristiques des forts du moyen-âge et des ouvrages de guerre ibériques d’alors. Ce n’est qu’une fois à l’intérieur que se dressent les constructions antérieures, notamment la grande mosquée des Almohades, construite par le Sultan En-nacer (1154) et qui a longtemps rayonné comme le lieu privilégié de rencontres des « princes de la science » et un espace culturel de renommée universelle. Le mathématicien Italien Leonardo Fibonnaci, le philosophe Raymond Lulle, les géographes El-Idrissi et Hassan El-Wazan (Leon l’Africain), le jurisconsulte, Sidi-Boumédienne et des dizaines d’illustres personnages, ont séjourné dans son antre. Le plus connu d’entre eux, et qui a son buste érigé à l’entrée du monument, reste Ibn Khaldoun, qui y a sévit en tant qu’imam, puis enseignant et enfin premier ministre (Hadjeb) en 1365. La mosquée a été restaurée intégralement après avoir connu le purgatoire, des années durant, et qui a failli en venir à bout. Elle a été reconstituée globalement dans ses formes originelles, mais dans un attrait quelque peu moderne. Et c’est elle, qui constitue le lieu d’attraction le plus sensationnel. Les environs ont également été repris en main, notamment une partie des jardins, lesquels, à l’époque, ont constitué un espace de détente pour les savants et les princes qui venaient s’y ressourcer, une fois les affaires du jour expédiées. La beauté, voire la magnificence des lieux et des paysages offerts à leurs yeux, notamment la mer et les montagnes de Boukhlifa et Tichy, lieu de repos de « Lalla Djoua », sœur de la gardienne de Béjaïa, « Yemma Gouraya » de surcroît, ont constitué pour eux autant un lieu d’évasion qu’une halte d’inspiration. L’endroit naturellement n’a rien perdu de son éclat ou de son attrait. Et les visiteurs y trouvent motif à se transporter, s’exalter, et s’extasier. Tout n’y est que calme et volupté.