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Après la bataille de l’opinion : L’entité sioniste investit l’IA pour reprendre le contrôle du récit sur Ghaza

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Alors que le récit de l’entité sioniste est de plus en plus contesté sur la scène internationale depuis le début de son offensive génocidaire contre les Palestiniens de Ghaza, une nouvelle bataille se joue désormais dans l’espace numérique. L’objectif : tenter d’influencer la manière dont les outils d’intelligence artificielle répondent aux questions portant sur l’occupation, l’armée d’occupation et la situation dans la bande de Ghaza.  Selon une enquête publiée le 14 août par le quotidien américain Politico, une campagne d’influence d’un montant de 100.000 dollars aurait été mise en place afin de produire et de diffuser des contenus susceptibles d’orienter les réponses des modèles d’intelligence artificielle, notamment sur des sujets particulièrement sensibles liés à la Palestine. Cette nouvelle offensive intervient alors que le soutien à l’entité sioniste connaît un recul dans une partie de l’opinion publique, y compris aux États-Unis, tandis que les images et les informations en provenance de Ghaza ont contribué à remettre en cause son discours officiel auprès d’un public international de plus en plus large.

Des contenus destinés à influencer les réponses des chatbots
La campagne est gérée par Havas Media, qui a mis en place le Hanover Institute for Public Policy. Dans le cadre de cette opération, l’institut est chargé de produire et de diffuser publiquement des documents présentés comme des rapports d’information « factuels » et sourcés sur Israël et les questions qui lui sont liées. Derrière cette présentation se trouve toutefois un objectif d’influence clairement assumé: faire circuler sur internet des contenus susceptibles d’être intégrés dans les réponses des modèles d’IA lorsqu’ils sont interrogés sur des questions relatives à l’entité sioniste et à la Palestine.  Les documents élaborés abordent notamment des questions telles que: l’armée d’occupation est-elle « l’armée la plus morale du monde » ?, la colonisation de la Cisjordanie, le droit au retour des réfugiés palestiniens, la Nakba ou encore la situation humanitaire et la famine à Ghaza. Des tests réalisés par Politico Influence semblent avoir montré l’efficacité de cette stratégie. Des modèles d’IA, dont ChatGPT et Perplexity, auraient cité certains documents produits par l’institut dans leurs réponses. Une présence dans les sources utilisées par les modèles peut ainsi contribuer à donner davantage de visibilité à un récit particulier lorsque les utilisateurs interrogent les chatbots sur des sujets controversés.

Une stratégie d’influence déjà utilisée
Cette tentative ne constitue pas une première pour les autorités sionistes. Des documents déposés aux États-Unis en vertu de la loi FARA, qui impose aux personnes ou entreprises agissant pour le compte d’un gouvernement étranger dans des activités politiques ou d’influence de s’enregistrer auprès du département de la Justice, révèlent l’existence d’une opération précédente. Le gouvernement sioniste aurait déjà fait appel à Havas Media dans le cadre d’une campagne évaluée à 46,5 millions de dollars, destinée notamment à développer des sites internet et des contenus afin d’influencer le « cadrage » des résultats des modèles GPT. Interrogé sur cette stratégie, Daniel Rosenberg, cofondateur de Piro, un sous-traitant de Havas Media, a affirmé que son entreprise avait été mandatée par l’État d’Israël pour rendre publics des faits qu’elle considère comme exacts et sourcés et pour lutter contre ce qu’elle présente comme de la désinformation. Mais la stratégie soulève des interrogations sur la frontière entre diffusion d’informations et opération d’influence. Les documents déposés au titre de la loi FARA ne font notamment pas apparaître de véritable objectif académique derrière cette campagne.
 A. N.

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