Le paiement électronique poursuit sa progression en Algérie, avec une hausse du nombre de cartes de paiement, de terminaux de paiement électronique (TPE) et de plateformes de commerce en ligne entre décembre 2025 et août 2026, selon les données du Groupement d’intérêt économique de la monétique (GIE Monétique). Intervenant sur les ondes de la Chaîne 2 de la Radio nationale, le représentant du GIE Monétique, Aboubakr Belloul, a présenté plusieurs indicateurs sur l’évolution de la monétique durant cette période.
Près de 23 millions de cartes en circulation
À fin août 2026, le nombre de cartes de paiement en circulation en Algérie s’élevait à près de 23 millions, soit une progression de plus de 8 % par rapport à décembre 2025. Algérie Poste concentre la majorité de ces cartes, avec quelque 19 millions de cartes Edahabia, tandis que les banques disposent de plus de 4 millions de cartes interbancaires CIB. Selon M. Belloul, plus de 62 % de ces cartes sont actives, c’est-à-dire utilisées par leurs détenteurs. Il a toutefois relevé que « les retraits d’argent au niveau des distributeurs automatiques de billets (DAB) représentent encore la majorité des transactions effectuées ». Il a néanmoins fait état d’«une évolution progressive des habitudes, avec une hausse de la part des paiements électroniques ». Alors qu’auparavant 90 % des transactions étaient constituées de retraits d’argent contre 10 % de paiements, « les transactions de paiement dépassent actuellement les 20 % », a-t-il indiqué. Le réseau de paiement électronique s’est également renforcé au niveau des commerces. Le nombre de terminaux de paiement électronique est passé de 78 000 en décembre 2025 à 126 000 en août 2026. Cette progression du parc de TPE s’est accompagnée d’une hausse de leur utilisation, le montant des opérations effectuées à travers ces terminaux ayant progressé de 165 % durant la même période. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre de commerçants et de prestataires de services proposant le paiement par carte à leurs clients.
Plus de 1000 web-marchands agréés
Le commerce électronique a également enregistré une progression du nombre d’acteurs agréés. Le nombre de web-marchands en activité est passé de 644 en décembre 2025 à 1034 en août 2026, soit une hausse de 68 %. Les services proposés en ligne concernent notamment la billetterie, le paiement des factures d’énergie, l’assurance ainsi que certains services de la grande distribution.
Pour l’ensemble de l’année 2026, le GIE Monétique prévoit par ailleurs une hausse de 200 % des montants des transactions réalisées en ligne par rapport à 2025. S’agissant des facteurs qui freinent encore l’adoption du paiement électronique, M. Belloul a évoqué notamment la réticence au changement, les préoccupations liées à la sécurité des transactions et, chez certains commerçants, les questions liées à la traçabilité et à la transparence des opérations. « Le commerçant ne veut pas de la traçabilité et de la transparence. Avec le paiement électronique, on a la trace de toutes les transactions effectuées durant la journée, le mois et l’année », a-t-il expliqué.
Du côté des consommateurs, « la sécurité revient tout le temps », a-t-il relevé, précisant que « le manque de confiance dans les paiements électroniques constitue l’un des principaux freins identifiés par les enquêtes menées par le GIE Monétique. Pour les commerçants, d’autres préoccupations ont également été relevées, notamment le délai de réception des fonds lors des virements instantanés ». Selon M. Belloul, le commerçant reçoit actuellement son argent au plus tard à J+2, avec la garantie d’être payé.
L. Zeggane















































