Accueil Edito L’Algérien, le DAB et le TPE

L’Algérien, le DAB et le TPE

0

Abdelkrim Bouzred, notre ministre des Finances était, jeudi dernier, au Conseil de la nation. Il répondait à une question orale d’un parlementaire relative à « la transformation numérique en cours visant à renforcer l’inclusion financière et à faciliter les prestations financières ». Le ministre considère que le paiement électronique connait « une avancée notable » dans notre pays. Une appréciation qu’il appuie avec des chiffres. 22 millions de cartes de paiement ont été recensées au mois de mars dernier. 18 millions délivrées par Algérie-Poste et les 4 millions restantes par les banques dont 7 sont du secteur public, 5 du secteur privé étranger ainsi que plusieurs banques arabes (près d’une dizaine). Première remarque : Algérie-Poste a délivré, à elle seule, quatre fois plus de cartes de paiement que toutes les banques publiques et privées que compte le pays. Bouzred nous informe également qu’en Algérie sont installés 4713 distributeurs automatiques de billets (DAB). Pour avoir une idée de ce que représente ce chiffre, il est utile de savoir qu’il y a environ 4.500 bureaux de poste dans le pays auxquels s’ajoutent 1.200 agences des banques publiques et 400 agences des banques privées. S’agissant des TPE (terminaux de paiement électronique), notre ministre indique qu’il en existe 104.000. Toujours dans un souci comparatif, le nombre d’opérateurs économiques inscrits au registre de commerce-qui doivent disposer de TPE- s’élève à 2,4 millions (personnes physiques et personnes morales). Restons dans le comparatif pour relever, à titre d’exemple, que la Belgique, dont la superficie est 77 fois moins grande que celle de notre pays, compte à peu près le même nombre de DAB. S’agissant des TPE, ceux-ci sont généralement intégrés au système de caisse. Ce qui permet à 83% de la population d’adopter ce genre de paiement. Un taux avantageux mais sans perdre de vue que la population de ce pays est à moins de 12 millions d’habitants. Quatre fois moins que notre population. Nous avons pris l’exemple de la Belgique pour éviter ceux, bien plus avancés, de la Suède et de la Chine qui ont, pour le premier supprimé l’argent liquide tandis que le second est dans une transition vers la suppression. Ceci dit, par sa superficie, notre pays est le plus grand pays d’Afrique. À tel point, par exemple, que la couverture du réseau de la téléphonie mobile demeure insuffisante et qu’une mise en demeure vient d’être adressée aux opérateurs. D’autre part, la société algérienne n’est pas comparable avec les populations des pays que nous avons cité. Il y a des réticences liées à l’existence de l’informel dans notre pays et à la bureaucratie qui sont, tous deux, peu commode à déraciner. Un énorme et réel travail de pédagogie est à fournir. Tant à l’intention des prestataires que des citoyens qu’il faut mettre en confiance et accompagner. Quant à l’informel, celui-ci fait l’objet d’un véritable « blocus » sous forme d’encerclement par différents dispositifs mis en place par le gouvernement. Un vrai combat pour rattraper le temps perdu ! 

Zouhir Mebarki

Article précédentCinéma : Bendouda souligne l’importance du soutien à l’investissement
Article suivantOuverture à Sétif du 1er Salon national du sport, du divertissement et des loisirs