La situation chez notre voisin de l’Ouest va de mal en pis. Il cumule les très mauvaises nouvelles depuis quelques jours. Elles sont loin d’être rassurantes pour le présent et l’avenir du royaume marocain. Ces derniers événements fâcheux signalés viennent aggraver une situation sociale déjà intenable qui fait le lot quotidien du marocain lambda. Les conditions sociales sont précaires à tous les niveaux. La société vit au rythme d’une série de problèmes cycliques qui signe une dégradation sérieuse du niveau de vie. En filigrane, le pays est frappé d’une crise aiguë. Plantons le décor de cette situation critique. Il faut d’abord souligner l’absence chronique du roi à cause des maladies qu’il traîne depuis longtemps. Ces absences confirment son incapacité à diriger le pays. Ses apparitions publiques sont tellement rares que chacune de ses sorties est exploitée maladroitement par le Makhzen pour vendre l’image d’un roi qui continue à diriger. Derrière le rideau, la guerre de succession fait rage entre les clans. La preuve, Mohammed VI multiplie les gestes annonciateurs d’une fin de règne en propulsant le fils, le prince héritier Moulay El-Hassan, de plus en plus proche du trône. Ce dernier vient d’être nommé coordinateur des bureaux et services de l’état-major général de l’armée. Un poste stratégique au cœur de la hiérarchie des FAR déjà occupé par le roi à partir de 1985. Cette décision fera mal au clan de Moulay Rachid, le frère du roi. Connaissant l’histoire des successions sanglantes à Rabat, cet épisode risque d’emporter un régime qui, de plus, prend l’eau de partout. Le Makhzen a, en effet, beaucoup d’autres soucis à gérer. Il y a quelques jours, un match de football a dégénéré et a tourné à la violence à Rabat, la capitale. En cause ? Le Makhzen ne supporte pas l’idée de voir ses sujets brandir le drapeau palestinien et chanter la cause d’El-Qods. Et encore moins les voir afficher ostentatoirement des slogans contre la normalisation avec l’entité sioniste par laquelle, depuis les accords d’Abraham signés à Rabat, la souveraineté marocaine a pris un sacré coup. La protestation a été étouffée dans le sang. Mais ce n’est que partie remise pour un front contre la normalisation qui se confond avec une fronde sociale en échauffement. Le prochain raz-de-marée emportera tout sur son passage. Et comme un malheur ne vient jamais seul, un autre événement fâcheux vient d’ébranler le palais royal. L’affaire de deux soldats US disparus dans le cadre des manœuvres « African Lion 2026 » risque de tourner au vinaigre avec Washington. L’incident prend l’allure d’une crise sécuritaire. Rabat tente de convaincre d’un incident isolé de crainte des remontrances américaines. Et pour compléter ce tableau noir, le livre « Fin de règne » du journaliste marocain Omar Brouksy vient en rajouter une couche. Un ouvrage s’appuyant sur une enquête qui révèle comment les événements douloureux qui secouent la famille royale et ses prolongements sécuritaires sonnent le glas du Makhzen. Une bien triste fin pour un régime vassal.
Farid Guellil










































