La lutte contre la corruption et la démarche visant la récupération des fonds détournés pour les mettre au service de l’économie nationale vont se poursuivre sans relâche, c’est la détermination de l’Etat réaffirmée par le président Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée, ce dimanche. Le président de la République a remercié le Premier ministre pour les efforts déployés dans la récupération des fonds détournés et leur réintégration dans l’économie nationale, notamment ce qui a été récupéré dans les wilayas de Tissemsilt et de Batna dans le secteur de l’industrie automobile. À ce propos, le mois dernier, avant la clôture d’une réunion du Conseil des ministres présidée par le président Tebboune, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, avait présenté un exposé sur le dossier de la récupération des fonds détournés, faisant état de 33 commissions rogatoires adressées à la Suisse, dont 20 dossiers ont été examinés et acceptés, 4 d’entre eux, liés aux fonds détournés et gelés, ayant été définitivement traités à ce jour. En vertu de ces procédures, plus de 110 millions de dollars seront restitués à l’Algérie. Au terme de l’exposé, le président de la République avait adressé ses remerciements à la Suisse et à l’Espagne pour la récupération par l’Algérie des fonds détournés et avait souligné que 61 commissions rogatoires adressées à la France dans ce cadre sont restées sans réponse. Pour les experts, il s’agit d’une démarche qui ne revêt pas seulement une dimension financière, mais traduit également une volonté politique claire de lutter contre la corruption et contribue à consolider la confiance entre le citoyen et les institutions de l’Etat. Ils relèvent les progrès réalisés dans ce dossier à travers la coordination entre les appareils judiciaire et diplomatique, notamment face à la complexité des procédures juridiques internationales. Les experts rappellent que cette opération découle des engagements du président Tebboune et notent que les fonds récupérés profiteront à l’économie nationale et au développement local. Les experts font remarquer qu’il ne s’agit pas seulement de la dimension financière, certes très importante, de cette opération de récupération des fonds détournés et placés à l’étranger, mais également de sa signification au plan de la diplomatie judiciaire et, également, en tant que mise à l’épreuve des partenariats internationaux.
La réponse à une attente populaire
L’expert économique et financier Idir Saci a réagi aux informations concernant la récupération d’actifs industriels, notamment les usines de Tissemsilt et de Batna, données par le communiqué du Conseil des ministres publié à l’issue de sa réunion de ce dimanche. Lors de l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, hier, il a souligné « l’importance de cette démarche à la fois sur le plan économique et symbolique ». «C’est un plus parce que ce sont des actifs. C’est une récupération qu’il faut quantifier, bien évidemment, mais c’est aussi un symbole. L’État algérien continue d’appliquer la loi et de ne pas laisser des dossiers sans finalité», affirme-t-il. Selon lui, « cette dynamique répond à une attente populaire exprimée depuis 2019 et traduit un travail de fond engagé sur plusieurs années. » Il a également abordé la question de la sous-facturation à l’export et du non-rapatriement des devises, estimé à 350 millions de dollars, et même plus, a précisé le président Tebboune, dans son intervention, à ce propos, lors de son entrevue avec les responsables de médias nationaux. La sous-facturation résulte de la fausse déclaration de la contrepartie en devises obtenue par l’opérateur pour l’exportation de marchandises. Idir Saci recommande « de renforcer la coopération internationale et les mécanismes de contrôle à travers des outils techniques comme les tableaux comparatifs de prix et l’échange d’informations entre pays. »
M’hamed Rebah














































