Téhéran affirme avoir repoussé des navires de guerre ennemis après plusieurs avertissements ignorés. Washington annonce une opération dite de « liberté de navigation », que des analystes qualifient de manœuvre de communication plutôt que d’action militaire.
La marine de la République islamique d’Iran a annoncé avoir empêché des destroyers américains et sionistes de pénétrer dans le détroit d’Ormuz. Selon la direction des relations publiques de l’armée iranienne, citée par l’agence Mehr, « grâce à un avertissement ferme et rapide de la marine iranienne, l’entrée de destroyers ennemis américains et israéliens dans le détroit a été bloquée ». Une source informée, rapportée par la même agence, a précisé que des tirs d’avertissement ont été effectués en direction de plusieurs embarcations de combat américaines. Cette source a indiqué que les forces armées iraniennes « n’autoriseront aucun passage de navires de guerre américains sans coordination préalable », en référence à un précédent qu’elle qualifie de « guerre des quarante jours ». Elle a également averti que « tous les navires doivent tirer les leçons de cet épisode et ne pas payer le prix de la stupidité américaine ». « L’Iran est totalement prêt à faire face à n’importe quel scénario. Les Américains savent qu’ils ne seront pas autorisés à intimider ni à faire la loi. Le général Ali Abdallah, commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, a répondu directement aux déclarations de Donald Trump : « Nous avons répété à maintes reprises que la sécurité du détroit d’Ormuz relève des forces armées de la République islamique d’Iran, et que tout transit sécurisé sera effectué en coordination avec elles, quelles que soient les circonstances. » Il a ajouté : « Nous avertissons que toute force armée étrangère, et en particulier l’armée américaine envahissante, sera attaquée si elle tente d’approcher ou d’entrer dans le détroit d’Ormuz. » Dans un message publié sur le réseau Truth Social, le président américain a affirmé que les États-Unis lanceraient, à partir du lundi matin, une opération visant à « rouvrir » le détroit d’Ormuz, qualifiant cette démarche d’« humanitaire ». Il a également soutenu que de « nombreux pays » avaient sollicité l’aide de Washington pour sécuriser le passage de leurs navires, évoquant ce qu’il nomme le « Projet Liberté ». Ces déclarations interviennent alors même que Trump avait auparavant publiquement comparé la saisie de pétroliers dans le Golfe persique par l’armée américaine à de la « piraterie », affirmant : « Nous avons pris le navire, sa cargaison et son pétrole — c’est un commerce très lucratif. Nous ressemblons à des pirates. »
Une stratégie de communication, selon les analystes
Daniel DePetris, analyste à l’Institut Defense Priorities, a publié sur le réseau X une analyse nuancée de la démarche américaine. Selon lui, l’annonce de Trump vise avant tout à « changer le récit dominant » : faire en sorte que les États-Unis ne soient pas perçus comme la cause du problème dans le détroit d’Ormuz, mais comme une partie de la solution — tout en présentant l’Iran comme l’obstacle au libre passage des navires. Il conclut que cette approche relève davantage d’une stratégie de relations publiques que d’une opération militaire.
L’Iran pose ses conditions
La République islamique a fait savoir qu’elle était prête à garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, à condition qu’un cessez-le-feu permanent soit obtenu et que la guerre prenne fin, dans le respect des protocoles de sécurité iraniens. Téhéran a, par ailleurs, confirmé avoir préparé d’autres scénarios d’intervention, qui seraient mis en œuvre en cas de besoin. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent des volumes considérables des exportations mondiales de pétrole, représente un point névralgique dont toute perturbation affecte directement la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale : pétrochimie, engrais, carburants et autres matières premières stratégiques.
M. Seghilani
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