En accordant, hier, une entrevue médiatique aux organes de la presse nationale, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, aura marqué doublement l’opinion publique et de fort belle manière. Pourquoi ? Parce que le timing était parfait. D’aucuns diraient qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans la forme de l’échange Président – Médias auquel nous habitue le palais d’El Mouradia depuis maintenant 2019. Autrement dit, il est de notoriété publique que le Président se prêtait au jeu des questions-réponses périodiquement dans un intervalle de trois mois. Mais, cette fois-ci c’est différent. Le hasard du calendrier a fait que l’entretien présidentiel coïncide avec la Journée internationale de la liberté de la presse. Ceci pour la forme. Dans le fond, le Président était attendu pour apporter ses éclairages, décrypter les enjeux, révéler les dessous des cartes et aborder les perspectives du pays et de son environnement immédiat et lointain. Encore une fois, les dossiers brûlants de l’actualité nationale et internationale qui restaient, depuis plusieurs semaines (la dernière entrevue médiatique présidentielle remonte au 7 février 2026), voudraient des réponses à la hauteur des enjeux de l’heure. Hier soir, le chef de l’État a crevé l’écran. Sa sortie médiatique a eu le mérite d’avoir mis à plat beaucoup de sujets d’importance nationale. Cette entrevue présidentielle a eu aussi ceci de méritant d’avoir crevé l’abcès concernant des questions restées en suspens pour ce qui est du rapport de l’Algérie avec d’autres pays. Fidèle à lui-même, le locataire d’El Mouradia n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour dire les choses tout de go. Comme lorsqu’il s’agit de dénoncer, sans filtre, une « Issaba », de type nouveau, qui pratique la sous-facturation. Le même phénomène frauduleux, ou presque, que l’ancienne « Issaba » pratiquait sous sa forme « surfacturation ».
Concernant la politique étrangère, le Président a, comme il fallait s’y attendre, là encore, tapé fort sur toutes les parties hostiles qui veulent enfermer l’Algérie dans les clichés éculés pour ternir son image sur le plan international. La visite du pape Léon XIV était ainsi l’occasion d’exhumer l’histoire millénaire de l’Algérie et, partant, une réponse cinglante à toutes les voix qui soutiennent que notre pays était une « création de la France coloniale ». Autre chose sur laquelle le président Tebboune a mis le curseur, la situation des marchés pétroliers dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Que les Émirats arabes unis se retirent de l’OPEP, cela reste « un non-évènement », pour l’Algérie, ou encore un « dossier est clos ». Voilà qui est dit.
Farid Guellil








































