PH HIRAK

54E MARDI DE MOBILISATION : «Seul le Hirak peut se faire représenter lui-même» 

Etudiants, professeurs, retraités, personnes aux besoins spécifiques… plusieurs manifestants ont défilé, hier, dans différentes villes du pays pour le 54e acte du Hirak des étudiants.
Après les multiples annonces du président de la République sur le prochain amendement de la Constitution et la naissance d’une organisation prétendant être « la voix du Hirak », les manifestants étaient mobilisés contre le système en place et appelaient à un « changement réel et radical », tout en insistant sur le caractère horizontal de leur mouvement. À Alger-centre, la procession humaine a démarré de la Place des Martyrs, vers 11h, pour arriver à la Place Audin. Un important dispositif policier a été déployé le long de l’itinéraire de la marche. « Salimou Solta Li Cha3b ! » (Resituez le pouvoir au peuple), « 9lna L3issaba Trouh ! Ya H’na Ya Ntouma ! » (Que la bande parte ! Soit c’est nous, soit c’est vous !), « Wellah Marana Habssine ! », (Nous n’arrêterons pas ! », ont entonné les manifestants. Brandissant des portraits des détenus d’opinion et du militant politique Karim Tabbou, les manifestants ont appelé à la libération des détenus du hirak. Le phénomène du coronavirus a été également abordé par les manifestants, toujours avec un sens de l’humour : « 9ololhoum Jibou Corona W Zidou Ta3oune, Nkamlou Fiha Ikun Wach Ikun ! », « Le système c’est lui le corona ! », ont répété à haute voix les marcheurs. Sur les pancartes brandies par les manifestants on pouvait lire plusieurs signes à cet attachement à la poursuite de la mobilisation : « Chaque réussite commence par un rêve. Ne perdons jamais espoir. L’espoir est la volonté de lutter contre les obstacles, même s’ils semblent insurmontables », « Nous devons vivre avec le courage de lutter et non avec la peur de ne pas y arriver. La lutte est notre vraie destinée, n’acceptons jamais la défaite, nous sommes à un pas de la réussite. Seule la victoire est belle ». Réagissant à la note du ministère de l’Enseignement supérieur qui a fixé la date des vacances universitaires à partir du 15 mars, en guise de mesure contre le coronavirus, les manifestants ont dénoncé des tentatives de diversion : « Attention à la diversion ou à la division, ce temps est révolu, le Hirak est en bonne voie ».
Comme ils ont dénoncé aussi le fait que des personnes constituent des organisations pour parler au nom du Hirak : « Nos revendications sont claires : il n’y a pas pour représenter le Hirak que le Hirak lui-même ! », « les revendications du Hirak n’ont pas changé et ne changerons jamais. Un changement radical du système ». Seul couac, les forces de police ont quand-même procédé à de nouvelles arrestations. Deux marcheurs ont été appréhendés au niveau de la Grande Poste, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). 14h, les manifestants se sont dispersés dans le calme non sans se donner rendez-vous pour vendredi prochain.
Hamid Mecheri