4e art en Algérie : impliquer l’université pour susciter un «coup de théâtre salvateur»

L’implication de l’université dans les différentes étapes de la construction théâtrale, depuis l’écriture du texte jusqu’à la critique, est de nature à provoquer un « coup de théâtre salvateur » au profit du 4ème art en Algérie, ont estimé mardi à Constantine, les participants à une session de formation sur la critique théâtrale ouverte au profit des journalistes.
Le théâtre algérien a « besoin, aujourd’hui, d’une assistance universitaire pour relever les défis de l’heure, marqués par un envahissement des technologies de communication et d’information », ont souligné des journalistes au 2ème jour de cette formation sur la critique théâtrale organisée à l’initiative du département théâtre de la manifestation « Constantine capitale de la culture arabe 2015″. Les encadreurs de cette formation ont estimé, de leur côté, que le théâtre algérien qui a fait ses preuves durant les années 1980, notamment, a besoin de se « renouveler » pour ne pas être définitivement supplanté par les « bruyants spectacles de divertissement » de plus en plus prisés par les jeunes. Le président du comité d’encadrement, Ibrahim Nouel, a insisté, dans ce contexte, sur l’importance de la recherche scientifique dans le développement du texte théâtral et le perfectionnement de la critique théâtrale, considérés comme des « supports incontournables » de l’œuvre théâtrale. Le théâtre algérien, qui n’a « pas beaucoup inspiré des études scientifiques », est aujourd’hui appelé à coopérer avec l’université pour éviter le cachet peu enviable de théâtre « déjà vu et consommé », ont souligné les participants à cette session de formation consacrée au développement des techniques de la critique théâtrale chez les journalistes. Une vingtaine de pièces théâtrales ont été réalisées dans le cadre de la manifestation Constantine capitale de la culture, mais « l’audimat » a été en deçà des prévisions, ont également considéré les participants, insistant sur « l’urgence de hisser les performances théâtrales à des niveaux supérieurs ». La culture théâtrale doit être « obtenue scientifiquement », a-t-on aussi estimé, à l’issue d’un cours théorique sur « l’essence et la base de la critique théâtrale » animé par le Dr Djamila Mustapha-Zeggaï, qui, au cours de sa communication, a appelé les journalistes à « éviter les jugements de valeur et les expressions véhémentes dans leurs critiques journalistiques ». Cette session de formation qui se poursuivra jusqu’à samedi, donnera lieu à des représentations théâtrales suivies d’analyses critiques et de débats autour des œuvres proposées.