Logements

3 200 LOGEMENTS LPA D’ERRATBA (CONSTANTINE) : Un projet entre légende, mythe et cruelle réalité

À Erratba, du côté de la commune de Didouche-Mourad, 42 kms au Nord du chef-lieu de la wilaya de Constantine, il n’y a pas que le programme AADL qui fait parler de lui en termes de mauvaise gestion, mais tout aussi celui relatif aux 3 200 logements promotionnels aidés. Un projet qui n’a cessé d’irriter au plus haut degré les souscripteurs qui y ont adhéré depuis l’année 2011.

Précisons que ce projet faisait partie d’un ambitieux programme englobant 14 500 unités réparties bien entendu sur deux autres villes à savoir Didouche-Mourad et Ali-Mendjeli. En neuf années, la raison aurait voulu que ce projet ait été déjà livré. Or, ce n’est pas le cas et à en croire les souscripteurs, les travaux d’avancement ne sont aujourd’hui qu’à 5%. Ce qui relèverait pour le moins de l’absurde.
Et cet absurde est expliqué, par ces mêmes souscripteurs, par les nombreuses mésaventures ayant jalonné le projet par autant la complexe consistance du terrain réputé hostile et qui a exigé tellement de moyens pour le rendre plus ou moins viable ce qui, forcément, a conduit à une réévaluation des coûts en raison du recours à des équipements et engins spéciaux. L’étude de faisabilité, elle-même, aurait été galvaudée.
Cette difficulté allait se compliquer par un conflit administratif dans lequel se retrouvaient opposés l’État à des tiers, notamment des agriculteurs propriétaires des terrains d’assiette éligibles à la réalisation du projet. Le dilemme ne sera levé qu’à la fin de l’année 2017 pour que soit enfin posée la première pierre. Histoire de rattraper l’imposant retard, le maître d’ouvrage, en l’occurrence l’Opgi, avait exigé l’accélération des travaux pour les résultats que l’on sait.
D’autre part, au fur et à mesure que le retard s’imprimait, nombreux sont les souscripteurs qui ont jugé plus judicieux de se retirer et dès lors certains promoteurs parmi les plus marqués par cette défection ont été contraints d’attendre à ce que les «vides » occasionnés soient comblés par les demandeurs en attente. Faudrait-il toutefois concéder à ce qui se sont vus tenus de quitter le projet, la réalisation de celui-ci était prévue sur deux années. Ce qui est bien loin d’être le cas et la preuve en est largement fournie près d’une décennie après.
Cela étant et sans que ne soit même pas entamée la réalisation des 3 200 logements, une première réévaluation de la quote-part des souscripteurs initialement étalonnée sur 90 000 dinars a désormais grimpé à 600 000…c’est dire la multiplication de peines pour les «futurs » bénéficiaires. Mais sur cet aspect de la question, les pouvoirs publics locaux, pour ne pas dire le wali, ont pris la décision de «bouter » hors du projet certains promoteurs parmi les plus cupides. Et en attendant c’est au nouveau wali qu’est refilé, passez-nous l’expression, le bébé et l’eau du bain.
Med R. D.