GHALI

SOUTIEN AU SINISTRE PLAN D’AUTONOMIE MAROCAIN : Brahim Ghali met les points sur les « i » à Ankara

Dans une lettre adressée aux dirigeants et militants du Parti patriote turc à l’occasion de sa XIe Assemblée générale, le président Sahraoui, Brahim Ghali a fait une mise au point qui s’adresse, sans les nommer, à des responsables turcs qui ont osé,  ces derniers, passer outre la légalité internationale et la position officielle de leur gouvernement. L’allusion ici est claire et vise principalement le nouvel ambassadeur turc à Rabat, Omar Farouk Dogan, qui avait dans un entretien, publié sur le site marocain Maroc-hebdo presse, fait la proposition d’une médiation de son pays entre l’Algérie et le Maroc pour régler le conflit du Sahara occidental. Brahim Ghali a appelé à mettre fin à la politique de deux poids deux mesures, de discrimination et de différenciation injuste et honteuse dans le traitement des questions et conflits au niveau international. Il  rappelé, dans ce cadre, que le Front Polisario ne demande que l’application de la légitimité internationale sur des bases claires et solides, loin de l’hégémonie et des diktats imposés par les puissances impérialistes, en référence à la question sahraouie.  Plus explicite il a souligné que le statut du Sahara occidental est clairement mentionné dans les résolutions successives des Nations unies. « La question sahraouie est une question de décolonisation, dont la solution passe nécessairement par l’organisation d’un référendum afin de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et l’indépendance, comme tous les peuples et pays colonisés ».
Ghali a, par ailleurs, insisté sur le fait que le peuple sahraoui doit exercer son droit inaliénable à l’autodétermination. Du point de vue du droit international, le Sahara occidental reste un territoire non autonome où le Maroc exerce son pouvoir en tant que puissance occupante. Inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés, le Sahara occidental est la dernière colonie d’Afrique, occupé depuis 1975 par  le Maroc. Cette mise au point est venu refroidir les velléités marocaines de remettre en cause le soutien de la Turquie au plan de paix adopté par l’Onu et qui prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui conformément aux résolutions de la communauté internationale.  Au mois de mai dernier le ministère turc des Affaires étrangères avait démenti les allégations marocaines sur un prétendu soutien d’Ankara à son plan d’autonomie. ‘La Turquie plaide pour une solution politique à la question sahraouie dans le cadre des résolutions pertinentes de l’ONU. Dès le début, la Turquie a plaidé pour une solution politique à la question du Sahara occidental dans le cadre des résolutions pertinentes de l’ONU et par le dialogue entre les parties, a indiqué l’ambassadeur Tanju Bilgiç, porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, en réaction aux allégations des médias marocains.  La même source avait rappelé que son pays soutient l’intégrité territoriale et la souveraineté de tous les pays de la région à l’intérieur de leurs frontières internationalement reconnues. Bilgiç a, par ailleurs, rappelé que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avait exprimé cette position lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue marocain, le 11 mai 2022 à Marrakech. En apportant ces précisions, le  président Sahraoui n’a fait que rappeler à la Turquie ses engagements et refroidi l’enthousiasme de Rabat qui continue de compter les retraits du soutien de certains pays à son plan de paix à l’instar de Washington qui a clairement rappelé,  ces derniers jours, que l’administration Biden soutient le plan de paix onusien pour le règlement du conflit au Sahara occidental.
Slimane B.