Sahli

RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’ANR plaide pour un second round de consultations

Le président de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, a salué le travail du comité d’experts chargé de formuler des propositions pour une révision constitutionnelle présidé par Ahmed Laraba, proposant dans ce cadre un deuxième tour de conciliation et une conférence nationale inclusive afin de réaliser une Constitution consensuelle à tous les Algériens. C’est lors d’une conférence de presse, tenue, hier, au siège du parti à Bouchaoui (à l’ouest d’Alger), que Sahli a salué les révisions et les amendements apparut dans la mouture du projet de révision de la Constitution, notamment les articles qui conservent et garantissent l’unité du peuple à l’instar de l’article qui préserve la langue amazighe, Par ailleurs, Sahli a appelé le président de la République Abdelmadjid Tebboune à organiser un second tour de consultation autour de ce projet avec les différents acteurs de la société et la scène politique et nationale, en revendiquant une conférence nationale inclusive qui rassemble tous ces derniers, notamment ceux qui ont participé à enrichir le document de la Constitution ; selon le même conférencier l’objectif de cette démarche est de « rapprocher les différents points de vue afin de sortir avec une Constitution consensuelle de tous les Algériens »,soulignant la nécessité d’avoir une volonté politique pour réaliser ce projet ». Revenant aux amendements de la Constitution proposés par le comité d’Ahmed Laraba, Sahli a loué certains articles tels ceux qui préservent la promotion et la concrétisation des droits et des libertés individuels et publics, ainsi que les droits syndicaux, affirmant que cette mouture a réussi en quelque sorte à assurer l’équilibre entre les lois, ajoutant que l’article sur la lutte contre la corruption et la fraude représentent les grands axes que l’ANR soutient. Concernant le pouvoir judiciaire et son indépendance, Sahli a plaidé pour que le poste du président du Conseil suprême de la magistrature reste au président de la République «si le Président reste à la tête de cet institution cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas une indépendance de la justice », au contraire dit-t-il « il faut faire la part des choses, le Président représente et garantit l’unité du pays » a-t-il affirmé en citant l’exemple de la France. Aussi l’ANR n’a pas contredit la proposition de créer le poste de vice-président, mais il a refusé en revanche que ce dernier succède au président après la fin de son mandat. «Ce poste était dans nos propositions en 2014 pour la Constitution de 2016, il va diminuer les tâches sur le Président ».
Pour l’article 31 de la mouture du projet de révision de la Constitution relatif à l’éventualité d’envoi de troupes de l’Armée nationale populaire (ANP) en dehors des frontières nationales pour des opérations de maintien de la paix, Sahli a expliqué que ce dernier ne stipule pas l’ingérence de l’Algérie dans les affaires intérieures des pays, mais il a pour objectif de faire régner la paix. « Il (articile 31) rentre dans le cadre du maintien de la paix, il faut que les gens comprennent cela ».Et comme pour expliciter la disposition, Sahli propose d’inclure un autre article qui stipule la « coexistence en paix ». Par ailleurs, Belkacem Sahli s’est opposé à la limitation des mandats présidentiels ou ceux des députés de l’APN et du Sénat, précisant que cet amendement ne consacrera pas la démocratie comme plusieurs le pensent. Pour cela il donne l’exemple de deux partis de l’opposition, le Parti des travailleurs (PT) et un autre d’une mouvance islamiste sans citer de noms. « En Algérie il y a deux partis qui sont connus pour leurs revendications de la démocratie, les députés de ces derniers sont restés plus de deux mandats à l’APN ». Une raison pour laquelle l’ANR propose de « renforcer le pouvoir » que de limiter les mandats.
Sarah Oubraham