La visite de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, en Algérie intervient dans un contexte de réactivation diplomatique du dossier sahraoui, à quelques mois de son examen par le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette tournée s’inscrit dans une série de consultations menées par le responsable onusien avec les différentes parties concernées, en vue de la préparation de son prochain rapport destiné au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle vise à faire le point sur l’évolution du processus politique autour du Sahara occidental, considéré par l’ONU comme un territoire non autonome. Intervenant sur la chaîne 3 de la Radio algérienne, le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Ayachi, a estimé que cette visite confirme la continuité de l’implication onusienne. « La présence de de Mistura nous rassure dans la mesure où l’ONU reste saisie du dossier », a-t-il déclaré, rappelant que l’organisation internationale demeure, selon lui, « le cadre légitime de traitement de cette question ». Le responsable a réaffirmé la position constante de l’Algérie, fondée sur le respect du droit international et des résolutions des Nations unies relatives à la décolonisation. Il a souligné que le Sahara occidental figure toujours sur la liste des territoires non autonomes et que le principe d’autodétermination du peuple sahraoui reste consacré par les textes internationaux.
Le plan de règlement de 1991 au cœur des références onusiennes
Saïd Ayachi a rappelé l’importance du plan de règlement de 1991 conclu sous l’égide de l’ONU entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc, prévoyant l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Ce mécanisme devait être accompagné par la mission de maintien de la paix MINURSO. Évoquant les récentes discussions au sein du Conseil de sécurité, il a estimé que plusieurs États membres ont réaffirmé leur attachement au principe de l’autodétermination. Selon lui, la résolution 2797 aurait, dans son esprit, réitéré ce principe fondamental, bien que les interprétations restent divergentes selon les parties.
L’autodétermination comme principe central
Le responsable algérien a également rappelé les travaux de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies et du Comité spécial de décolonisation, qui continuent de considérer le Sahara occidental comme une question de décolonisation. Concernant les propositions d’autonomie, Saïd Ayachi a insisté sur la nécessité d’une consultation directe du peuple sahraoui : « Il faut que le peuple sahraoui se prononce, on ne peut pas lui imposer une solution », a-t-il affirmé. Il a également rejeté l’idée d’un référendum élargi à d’autres populations, estimant que le droit international limite la consultation aux peuples concernés par le processus de décolonisation. Sur le plan économique, il a enfin souligné que la question des ressources naturelles du Sahara occidental demeure un point central du conflit. Il a rappelé que plusieurs décisions de juridictions internationales et européennes ont insisté sur la nécessité de distinguer les produits issus du territoire sahraoui de ceux du Maroc dans les accords commerciaux. À l’approche des prochaines échéances onusiennes, le dossier du Sahara occidental reste ainsi au cœur des débats internationaux, entre efforts de médiation de l’ONU, positions des différentes parties et rappels constants au droit à l’autodétermination, considéré par ses défenseurs comme le principe directeur d’un règlement durable du conflit.
M.S.














































