Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) a exprimé sa « pleine solidarité » avec le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin, appelant à la libération immédiate de l’ensemble des détenus politiques sahraouis incarcérés dans les prisons marocaines.
Dans un communiqué publié mercredi à Paris, le MRAP rappelle que Naâma Asfari a été arrêté dans le contexte du démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik. L’organisation affirme qu’il a ensuite été condamné à 30 ans de prison à l’issue, selon elle, de procédures ne respectant pas les normes internationales du procès équitable. Le MRAP souligne que le militant sahraoui a entamé cette grève de la faim pour protester contre son transfert et sa détention hors de son territoire d’origine, ainsi que contre la poursuite de l’occupation du Sahara occidental. L’organisation rappelle que ce territoire figure sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies depuis 1963, et estime que les Sahraouis doivent bénéficier des protections prévues par le droit international humanitaire. Le communiqué met également en avant plusieurs conclusions d’organes onusiens. Le Comité contre la torture des Nations unies avait estimé en 2016 que Naâma Asfari avait subi des actes de torture et des traitements inhumains, tandis qu’en 2023, le Groupe de travail sur la détention arbitraire a qualifié sa détention ainsi que celle d’autres militants du groupe de Gdeim Izik d’arbitraires, appelant à leur libération et à leur indemnisation. Le MRAP dénonce par ailleurs les restrictions imposées aux visites familiales et la détention de prisonniers sahraouis loin de leurs proches, citant notamment la situation de l’épouse du militant, la Française Claude Mangin-Asfari. L’organisation appelle enfin les autorités françaises à intervenir auprès des autorités marocaines afin de garantir le respect des obligations internationales.
Un rapport alarmant sur les prisons marocaines
Dans le même contexte, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis (LPPS) a rendu public son rapport annuel 2025, intitulé « Pas de traitement… pas de visites… pas de justice », dressant un tableau préoccupant des conditions de détention des prisonniers civils sahraouis. Le document dénonce des « violations systématiques » des droits fondamentaux, allant des arrestations ciblées de militants et étudiants à la dégradation des conditions sanitaires en prison, en passant par des restrictions des visites familiales. Selon la LPPS, plusieurs cas d’arrestations ont été enregistrés en 2025, dont celle de huit étudiants à Agadir en septembre, suivie de condamnations qualifiées de « procès inéquitables ». L’organisation évoque également des pratiques de transfèrement de détenus loin de leurs familles, considérées comme des mesures de représailles. Sur le plan sanitaire, le rapport fait état de privations de soins, de retards de traitement et de négligences médicales affectant des détenus souffrant de maladies chroniques. Il mentionne également des cas de complications non prises en charge et de refus de transferts vers des établissements hospitaliers. La LPPS souligne par ailleurs des restrictions persistantes du droit de visite et de communication, citant notamment l’interdiction de visites visant Claude Mangin-Asfari auprès de son mari Naâma Asfari, ainsi que des interruptions prolongées de contact entre détenus et familles. Le rapport évoque aussi des allégations de mauvais traitements, incluant fouilles humiliantes, violences verbales, sanctions disciplinaires jugées arbitraires et pressions exercées sur les familles. Enfin, la LPPS recense 26 grèves de la faim menées en 2025 par des prisonniers sahraouis dans plusieurs établissements pénitentiaires marocains. L’organisation conclut à une situation « alarmante » et appelle à la libération des prisonniers politiques, ainsi qu’à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et à l’accès des mécanismes internationaux aux lieux de détention.
M. Seghilani














































