Les montagnes de décombres produites par les conflits et les catastrophes peuvent être transformés en matériaux de construction pour remettre en état des infrastructures essentielles, comme les réseaux d’eau, les écoles et les centres de santé, plaide le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS).
Dans de nouvelles lignes directrices, publiées lundi, l’UNOPS montre comment leur réutilisation peut accélérer la reconstruction, réduire l’impact environnemental et soutenir l’économie locale. « En transformant les décombres de déchets en ressource, nous pouvons accélérer le relèvement des communautés », a déclaré le directeur exécutif de l’UNOPS, Jorge Moreira da Silva. Selon l’ONU, « recycler les décombres ne présente pas seulement des avantages environnementaux : c’est aussi un choix économiquement judicieux ». Si cette solution peut coûter jusqu’à 27 % de plus que la mise en décharge dans un premier temps, elle s’avère souvent plus rentable à moyen et long terme. Grâce à la récupération et à la réutilisation des matériaux, les coûts nets diminuent fortement. Des analyses réalisées dans plusieurs pays montrent que le recyclage partiel des décombres peut revenir jusqu’à 49 % moins cher que leur élimination, tout en réduisant considérablement les dépenses liées à l’achat de matériaux pour la reconstruction. « En traitant les décombres non plus comme des déchets, mais comme des ressources, nous pouvons aider les communautés à se relever plus rapidement tout en posant les bases d’un avenir plus durable », a souligné Jorge Moreira da Silva.
La publication de ces lignes directrices intervient alors que plusieurs crises récentes ont généré des volumes sans précédent de débris. Dans la bande de Ghaza, où au moins 80 % des bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés, quelque 68 millions de tonnes de décombres se sont accumulées, soit l’équivalent de près de 3.000 porte-conteneurs. En moyenne, chaque habitant est aujourd’hui entouré d’environ 30 tonnes de gravats.
Au Liban, le conflit de 2024 a produit quelque 14,5 millions de tonnes de débris. Le séisme qui a frappé la Turquie et la Syrie en 2023 en a généré près de 210 millions de tonnes supplémentaires. A elles seules, ces trois crises ont laissé derrière elles près de 300 millions de tonnes de décombres, soit l’équivalent de l’ensemble des déchets solides municipaux produits chaque année en Asie centrale et en Asie du Sud.
R. I.












































