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METTRE SUR LE MARCHÉ 5 000 PRODUITS INNOVANTS À L’HORIZON 2030 : Le challenge de l’université algérienne

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Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé, hier, le lancement de la deuxième édition du programme « Protomarket », un dispositif destiné à soutenir la réalisation de prototypes technologiques portés par les étudiants et à favoriser leur transformation en projets innovants créateurs de valeur.
Cette nouvelle édition prévoit l’octroi de financements allant d’un million de dinars algériens à deux milliards de dinars algériens afin de permettre aux étudiants porteurs de projets d’achever leurs prototypes et d’accéder au label « start-up». Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de faire de l’université algérienne un espace de production, d’innovation et d’entrepreneuriat. L’annonce a été faite par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, lors des travaux de la Conférence nationale des universités, tenue en présence des cadres de l’administration centrale, des responsables des établissements universitaires, des présidents des conférences régionales, des directeurs des organismes nationaux ainsi que des représentants des partenaires sociaux et des étudiants. Dans son intervention d’ouverture, le ministre a affirmé que l’université algérienne avait entamé une nouvelle étape de son développement, fondée sur trois orientations majeures : l’université intelligente, l’université entrepreneuriale et l’université productrice de connaissances et de richesses. Cette transformation vise à accompagner la stratégie nationale de construction d’une économie du savoir et de renforcement de la souveraineté scientifique et technologique.  Parmi les principaux projets annoncés figure la mise en place d’un parcours pédagogique personnalisé pour chaque étudiant, soutenu par les technologies de l’intelligence artificielle. Un assistant intelligent sera ainsi développé afin d’accompagner l’étudiant dans le choix de ses unités d’enseignement en fonction de ses compétences, de ses aspirations et de ses objectifs académiques et professionnels.  Le secteur prévoit également le développement d’un modèle linguistique intelligent (LLM) destiné aux enseignants universitaires. Cet outil permettra de faciliter la préparation des exercices et des activités pédagogiques, tout en intégrant l’intelligence artificielle dans l’évaluation des réponses des étudiants, dans une perspective d’amélioration de la qualité de l’enseignement.
Dans le cadre de la promotion de l’innovation universitaire, Kamel Baddari a indiqué que le secteur ambitionnait de mettre sur le marché national 5 000 produits algériens innovants d’ici 2030 sous le slogan « Fabriqué en Algérie ».  Chaque produit devra être associé à la création d’une structure économique, qu’il s’agisse d’une start-up, d’une microentreprise ou d’une entreprise dérivée (spin-off). L’objectif est de rapprocher davantage l’université du monde économique et d’en faire un véritable moteur de création de richesse. Le ministre a également annoncé la mise en place de nouveaux instruments financiers destinés à soutenir les initiatives innovantes. Une première société d’investissement en capital-risque a été créée au niveau de l’Université d’Alger 3, parallèlement au lancement du premier Fonds de placement en capital-risque (FCPR) en Algérie.  Quatre autres fonds devraient être créés avant la fin de l’année afin de renforcer les capacités de financement des projets étudiants et de garantir un accompagnement durable aux porteurs d’idées innovantes.
Dans le domaine des œuvres universitaires, le ministère a fait état d’avancées importantes dans l’amélioration des conditions de vie des étudiants. Sur les 3 283 pavillons d’hébergement recensés, 2 283 ont déjà fait l’objet d’opérations de rénovation.  La numérisation des services de restauration a également permis, depuis avril dernier, de réaliser des économies importantes tout en améliorant la qualité des repas et en optimisant la gestion des dépenses. À travers ces différents chantiers, le ministère de l’Enseignement supérieur ambitionne de faire émerger une université algérienne moderne, connectée aux enjeux technologiques et davantage tournée vers l’innovation, l’entrepreneuriat et la création de valeur.
Ania N.

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